La réforme de l’éducation au Québec a eu, depuis son adoption en 1998, son lot de détracteurs.
Né dans la foulée des manifestations de la coalition Stoppons la réforme en 2007, le livre collectif Contre la réforme pédagogique, dirigé par Robert Comeau et Josiane Lavallée, s’ajoute maintenant au concert de critiques. Métro s’est entretenu avec Josiane Lavallée.
Pourquoi ajouter un livre à la marée de critiques?
On voulait vraiment faire un livre qui traite des origines de la réforme, pour les expliquer, et non un livre d’humeur sur celle-ci.
Pourquoi la réforme est-elle tant décriée?
Il y a trois points dans la réforme qui font défaut : l’intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières, la politique du non-redoublement et l’évaluation basée sur les compétences et plutôt que sur les connaissances. Le retour du bulletin chiffré, annoncé par la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, c’est un peu un arrangement cosmétique pour calmer les médias et les parents. Oui, elle a remis les pourcentages, mais ce sont toujours les compétences qui sont évaluées.
Qu’est-ce qui fait que la réforme a tant dérivé?
Déjà en 1994, quand on lit le programme du Parti québécois sous la gouverne de Jacques Parizeau, on voit que le parti souhaitait une réforme pour rehausser les exigences, pour faire une école centrée sur les matières de bases, le français et l’histoire.
Mais entre-temps, je crois que les différents ministres de se sont faits un peu duper par les fonctionnaires du ministère de l’Éducation, qui, eux, sont proches des didacticiens et des spécialistes de l’éducation.
On dirait qu’avec la réforme, ils ont voulu appliquer le modèle des écoles alternatives à tout le Québec. Mais les parents qui choisissent ces écoles pour leurs enfants s’y impliquent beaucoup. On ne peut pas demander ça à tous les parents!
Est-ce que l’on peut encore corriger la réforme?
Dans le livre, on expose des points à modifier qui ne coûteraient rien aux contribuables québécois. Il faudrait, par exemple, revoir l’intégration des enfants en difficulté. Ç’a été une grosse économie pour le ministère de l’Éducation de couper dans les spécialistes et les orthopédagogues et d’intégrer ces élèves dans les classes régulières sans soutien. Ils ont été intégrés n’importe comment à n’importe quel prix et sans les ressources matérielles et humaines nécessaires.
Contre la réforme pédagogique, sous la direction de Robert Comeau et Josiane Lavallée, vlb éditeur.
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