Collaboration spéciale Les membre de la Société Technique Oronos, à pied d’œuvre sur une de leurs fusées.

Des équipes de deux universités montréalaises s’illustrent cette année dans des concours d’innovation spatiale. Tant à l’Université Concordia qu’à Polytechnique, les créations étudiantes font rêver.

«La recherche spatiale est souvent perçue comme un mauvais retour sur investissement, déplore le vice-président de Space Concordia, Gregory Gibson. Or, c’est le domaine par excellence pour repousser les limites de la science et de l’ingénierie.»

Et c’est en quelque sorte ce rêve que lui et ses coéquipiers partagent. Ils ont remporté en mars une étape cruciale du Canadian Satellite Design Challenge (CSDC), une compétition de conception de satellite où l’équipe gagnante voit son projet envoyé en orbite.

Parmi neuf universités canadiennes à relever le défi, le projet de Space Concordia s’est classé au premier rang dans la catégorie du design.

L’exploit est considérable pour des étudiants du premier cycle qui, en grande majorité, se sont lancés dans l’aventure sans aucune expérience dans le domaine. À l’heure actuelle, Space Concordia se trouve en deuxième place au classement général du CSDC. Le groupe de 35 étudiants a jusqu’en septembre pour procéder à l’assemblage de son satellite en vue de la prochaine ronde d’évaluation.

«En matière d’apprentissage et d’heures de travail consacrées bénévolement au projet, le CSDC représente un engagement énorme», constate le vice-président du deuxième plus grand club spatial étudiant au pays. Mais à l’image de toutes les grandes ambitions, Space Concordia se nourrit du dévouement de ses membres et de leur passion pour la recherche spatiale.

«L’enthousiasme suscité par l’espace ne cesse d’augmenter au sein de la communauté étudiante», ajoute Gregory Gibson. En témoigne l’expansion constante de Space Concordia, qui prévoit bientôt incorporer une équipe consacrée aux fusées, ainsi que sa participation prochaine à un concours de design de module lunaire organisée par la NASA.

Les fusées d’Oronos
La même situation prévaut à la société technique Oronos, club de fabrication de fusées de Polytechnique. «Tous les gars en ingénierie veulent faire des fusées! résume avec une pointe d’humour le directeur général d’Oronos, Gabriel LaRoche-Johnston. Depuis trois ans, l’intérêt pour notre projet grandit continuellement.»

Composé d’une quarantaine de passionnés d’exploration spatiale, Oronos travaille actuellement à l’élaboration d’une fusée-sonde pour la compétition annuelle de la Experimental Sounding Rocket Association (ESRA), qui aura lieu en juin dans l’Utah, aux États-Unis.

L’engin conçu par les étudiants de Poly devra transporter une charge scientifique à plus de 3 km (10 000 pi) d’altitude afin d’y réaliser une expérience en microgravité. Oronos a terminé cinquième sur neuf équipes à sa première participation au ESRA l’an dernier. Le club en est, lui aussi, à l’assemblage final de son engin, qui devrait être terminé le 19 mai.

«Chaque année, on apprend de nos erreurs et on fait un pas en avant. Pour notre modèle 2012, on travaille avec de nouveaux matériaux composites, un système wi-fi pour le contrôle au sol de la fusée et un nouveau moteur hybride, qui utilise à la fois du carburant liquide et solide», explique le DG de l’équipe. On est loin du petit passe-temps du dimanche : une récente fusée mise au point par Oronos (Hélios) est un monstre de haute technologie pesant 44 kg et pouvant atteindre une vitesse de 994 km/h (tout juste inférieure à la vitesse du son).

De ce point de vue, pas étonnant que M. LaRoche-Johnston se fasse une très haute idée de l’exploration de l’espace et de ses possibilités. «Il en va de la survie humaine, insiste-t-il en évoquant les dangers qui menacent notre planète. À long terme, rien n’est plus important que de vivre tous ensemble au même endroit, sur la même roche…»

Si la conquête d’un nouvel astre n’est encore qu’un rêve lointain, la relève spatiale, elle, semble bel et bien assurée.

Étudier l’anomalie
Le satellite construit par Space Concordia est spécifiquement conçu pour étudier l’atmosphère dans une région appelée «l’anomalie de l’Atlantique-Sud».

  • À cet endroit, le niveau élevé de radiation en provenance de l’espace nuit au fonctionnement de certains engins (télescopes, satellites, stations spatiales).
  • Les instruments à bord du satellite devraient, entre autres, permettre de calculer ces niveaux de radiation et de détecter des traces de gaz rares dans «l’anomalie».

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