Nous avons élaboré trois scénarios, de la retraite confortable mais simple à la retraite qu’on voit dans les publicités.

Vous demandez encore: «Oui, mais, combien?» Daniel Laverdière, planificateur financier et directeur principal chez Banque Nationale Gestion privée 1859, et moi (surtout lui) avons brassé quelques chiffres pour vous donner des repères. Nous nous sommes demandé combien il fallait d’économies pour financer une retraite «simple», une autre que nous avons appelée la retraite «consommateur» et une troisième, la retraite «de luxe».

Le planificateur financier a élaboré trois scénarios à partir de couples similaires, avec un coût de la vie de base de 52 000 $ (indexé de 2,1 % par année), le tout financé uniquement par l’épargne (avec une hypothèse de rendement de 3,50 %), la vente éventuelle d’une maison (la même), le Régime de rentes du Québec et la pension de la Sécurité de la vieillesse. Il n’y a donc aucun régime de retraite d’employeur ici, ni vente d’un chalet ou obtention d’un héritage. Nous avons présumé une retraite à 65 ans pour tout le monde.

Dans les trois cas, la vente de la maison a lieu en 2029, à la 13e année de la retraite. Nous avons présumé que la valeur de la maison, évaluée au départ à 250 000 $, s’appréciait de 2,1 % par année à compter de 2017.

Tout ce qui distingue les trois couples, c’est le style de vie. Au coût de la vie de base, nous avons ajouté d’autres dépenses aux retraités «consommateurs» et à ceux qui bénéficient de la retraite «de luxe». Chaque scénario suppose un décaissement planifié qui réduit l’impact fiscal. Le capital est séparé également entre les conjoints.

Outre le coût de la vie de base de 52 000 $, les «consommateurs» déboursent 6 000 $ en voyages chaque année pendant 10 ans. Durant 20 ans, ils joueront au golf l’été et dévaleront les pentes de ski l’hiver, des frais que nous avons chiffrés à 10 000 $ par année. Après la vente de la maison, en 2029, nous avons ajouté une dépense de 1 000 $ par mois pour le logement. Cette dépense a aussi été incluse pour les adeptes de la simplicité.

Quant à ceux qui peuvent se permettre la retraite «de luxe», nous avons prévu 24 000 $ de voyages par année pendant 10 ans, 10 000 $ de ski et de golf pendant 20 ans, 10 000 $ pour une deuxième voiture pendant 10 ans et des dépenses supplémentaires de 15 000 $ par année : restaurants, de bonnes bouteilles de vin, etc. À la vente de la maison en 2029, nous avons ajouté des frais de 2 000 $ pour le logement.

Vous aurez compris que nos scénarios sont aussi fiables que les «règles du pouce». Mais ça vous donne une idée. Alors, combien faut-il d’argent pour la retraite «simple», la retraite «consommateur» et la retraite «de luxe»?

Une belle retraite toute simple, ça coûte combien?
Pour que le scénario tienne, c’est-à-dire pour assurer un coût de la vie, par couple, de 52 000 $, il faut à chacun des conjoints 100 000 $ en REER et 23 000 $ en CELI au moment de la retraite. Le couple doit aussi compter sur la vente de la maison. Par contre, à l’âge de 87 ans, ce couple aura totalement épuisé son capital et devra se résoudre à habiter dans un CHSLD.

Maintenir le rythme de la classe moyenne, à la retraite, c’est combien?
Les retraités «consommateurs» auront besoin de 400 000 $ chacun dans leur REER et de 46 000 $ dans leur CELI, en plus de la maison dont ils disposeront en cours de route. Non seulement cette épargne leur permettra de maintenir un niveau de vie plus élevé, mais leur capital ne sera pas épuisé avant 2052, lorsque nos retraités auront atteint l’âge vénérable de 100 ans.

Pour la retraite au soleil qu’on dépeint dans les publicités, faut-il être millionnaire?

Lorsqu’on dit qu’il faut un million pour la retraite, c’est pour se payer celle «de luxe»! Selon notre scénario, nos retraités ont chacun 800 000 $ dans leur REER, 46 000 $ dans leur CELI, plus 150 000 $ chacun en placements dans un compte non enregistré. Pour voir le bout de leurs économies, ils devront vivre jusqu’à 106 ans.

Article publié dans Les Affaires le 15 octobre 2016

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