Dans la foulée des succès d’Uber et d’Airbnb, l’économie collaborative fait beaucoup jaser. Notre journaliste s’est lancé le défi d’utiliser plusieurs de ces plateformes web pour financer un séjour à la campagne et y boire une bonne bouteille de champagne, le tout sans alourdir sa carte de crédit. Il n’a pas vraiment réussi! Récit.

Oui, je me suis bien amusé à la ferme de Saint-Basile-Le-Grand. Non, je ne suis pas devenu le Bill Gates de l’économie collaborative, loin de là! Sur le papier, ma stratégie était la bonne: travailler sur une ferme contre le gite et le couvert grâce au WWOOFing (Wordlwide experience on organic farms) pour limiter les coûts. Le problème s’est situé au niveau des rentrées d’argent.

Ma barre granola aux insectes vendue 2$ sur la plateforme web cooked4U n’a pas trouvé preneur, même du côté des farceurs ou des foodies aventureux. Pire, la direction du site m’a aimablement suggéré de proposer une photo sans vers de farine sur la page principale du site, afin de ne pas faire fuir les clients potentiels.

barre granola

Mon vélo n’a rencontré aucun succès sur Spinlister, le Airbnb du vélo. Pas plus que mon costard cravate sur le site Rentable.net. La nouvelle économie, c’est pas encore fameux, fameux. «La popularité de Kijiji est telle au Québec que pour l’instant, les plateformes collaboratives de don, d’échange ou de location ont une fréquence relativement moyenne d’utilisateurs», explique Fabien Durif, directeur de l’Observatoire ESG-UQAM de la consommation responsable.

Il ajoute que les nouvelles plateformes collaboratives sont relativement récentes au Québec et n’ont pas encore atteint la notoriété nécessaire pour générer des gains importants. Alors je me suis mis à ramasser des canettes… En échange de ma vielle cafetière, j’ai obtenu les conseils de Claude, un valoriste capable de faire 70$ par semaine grâce aux contenants consignés.

Après une heure de travail avant l’aube, j’ai récolté quatre sacs de bouteilles et de canettes. Yé! J’ai déchanté en les amenant à la Coop Les Valoristes sous le pont Jacques-Cartier. Les trois-quarts ont été refusés, car ils n’étaient pas consignables. «Les embouteilleurs de boissons gazeuses, entre autres, font tout pour torpiller la consigne et démontrer que ça ne marche pas. Si le Québec faisait comme l’Ontario, on aurait pris tous tes contenants», affirme Marica Vasquez-Tagliero, coordonatrice de la coop.

Je repars avec un gros 75 cents! Heureusement, j’ai fini par faire 16$ en revendant des objets inutiles sur Kijiji et dans deux boutiques d’occasion. À ce stade-ci, vous aurez deviné que c’est plutôt du mousseux et non pas du champagne qui a été sabré à la ferme Les jardins de Marie-Bio!

Ferme Mario-Bio

Là-bas, en plus du sympathique propriétaire et des fermiers à qui il loue des parcelles de terre, se trouvaient cinq WWOOFers: trois jeunes Allemandes qui utilisent le WWOOFing pour voyager pas cher et deux Français qui apprenaient les rudiments du métier avant d’éventuellement lancer leur propre exploitation. «Dans le contexte actuel de remise en cause des modes de vie et de la surconsommation, le modèle collaboratif a beaucoup d’avenir et commence à faire peur aux entreprises. Elles commencent donc à répliquer en rachetant, par exemple, des plateformes collaboratives ou en adoptant une démarche de protection de leur secteur, notamment par l’entremise du lobbying comme on le voit en France avec la création de l’Observatoire de l’uberisation», explique coach Durif.

En attendant, mon séjour m’a quand même coûté 35$. Je termine le défi en déficit de 18,25$. Plutôt que d’acheter des barres de chocolat au scout du coin, sachez qu’il me reste tout un stock de barres aux insectes dans le congélateur!

 

Quelques sites de l’économie collaborative. Si vous en connaissez d’autres , n’hésitez pas à nous les indiquer

-Vendre ses plats cuisinés: cooked4U.ca cooksfromhome.com

-Louer ses objets: rentable.net sharingkit.com

-Louer son stationnement: prkair.com

-Transformer une pièce en espace de stockage locatif: twizimo.com

-Louer son vélo: spinlister.com

-Rentabiliser ses oeuvres d’art en les louant: artotheque.ca

-Faire du covoiturage (journalier ou occasionnel): amigoexpress.com

-Rensaeignez-vous aussi sur le projet pilote PEP (Prêt entre personnes de Communauto)

-Activités de troc: troctestrucs.qc.ca

-Échange de services entre individus : accorderie.ca

 

Témoignage d’une lectrice qui a du succès avec les sites de vente de plats cuisinés

J’ai vécu quelques moments surprenants, amusants et magiques avec cooksfromhome. Mon meilleur vendeur a été mon pâté chinois au veau effiloché et patates douces. Un vrai succès. J’en ai vendu 3 parts sur les 6 que j’avais cuisinées. Les autres je les ai partagées avec ma famille.

Mon meilleur moment fut lorsque ma mère m’a demandé de choisir mon gâteau de fête. J’ai décidé de regarder s’il y avait quelque chose d’intéressant sur le site web. J’ai trouvé quelqu’un qui offrait un gâteau sans lactose (parce que je suis intolérante au lactose) à base de noix, de dattes et de pleins d’autres ingrédients santé. Nous avons réalisé que la date de disponiblité ne correspondait pas avec notre souper, nous avons donc écrit au cuisinier pour savoir si nous pouvions lui acheter son gâteau malgré cela. La réponse était positive :)!!! Ma maman et mon copain sont allés chercher mon gâteau de fête chez quelqu’un du quartier!! MEILLEUR gâteau de fête au monde ;)! Il nous en reste encore deux morceaux dans le congélateur!

Sinon, le moment qui m’a le plus surprise futlorsqu’une des cuisinières du site web nous avait mentionné qu’elle avait vendu les 10 portions de son pâté chinois vegan en une journée et qu’elle devait refaire des portions pour pouvoir nous en offrir.

Il nous est aussi arrivé que les gens nous offrent un petit quelque chose de plus, un morceau de brownie, une portion de plus ou un petit mot de paix sur le contenant. Il est si réconfortant de savoir que les gens de la communauté sont si généreux et heureux de nous offrir leur repas maison.

Marie-Hélène

 

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