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Le reel de la carte de crédit

À l’époque, les machines qui traitaient les cartes de crédit faisaient une sorte de tchik-tchik. C’était un des sons les plus caractéristiques du temps des Fêtes. Les nouveaux terminaux sont plus silencieux. Mais le crédit, lui, fait encore plus de tapage qu’avant.

Statistique Canada vient d’annoncer que les ménages canadiens sont maintenant plus endettés que leurs vis-à-vis américains. Notre endettement se monte, en moyenne, à 148 % de notre revenu disponible, c’est-à-dire ce qu’il reste sur les chèques de paie après les déductions d’impôt à la source et autres prélèvements. Autrement dit, un ménage dont le revenu disponible est de 50 000 $ doit pratiquement 75 000 $.

Ce n’est pas dramatique si cette dette est principa­lement due à un prêt hypothécaire. Elle est au moins rattachée à un actif et, à moins d’un écroulement du marché immobilier, cet actif possède une valeur réelle.

Mais les dettes de consommation sont plus embêtantes. Emprunter pour se payer une voiture ou un voyage ne procure rien en fin de compte. On ne peut pas revendre son voyage pour rembourser sa dette… Et une grosse partie de cet endettement est liée aux marges de crédit et aux cartes de crédit, dont l’usage et le poids ne cessent d’augmenter.

En décembre 2004, nous avions collectivement près de 37 G$ sur nos cartes de crédit bancaires; en octobre der­nier, ce montant avait grimpé à 57 G$! Et encore, ce total n’inclut pas les cartes de magasins, dont le taux d’intérêt est astrono­mique (et qu’il vaudrait mieux ne jamais utiliser).

Les marges de crédit, elles, sont utiles quand on s’en sert intelligemment, mais elles peuvent être encore plus traîtres. D’abord, parce que les banquiers nous les servent sur le mode accor­déon. «On va vous étirer votre marge, comme ça vous serez plus à l’aise…» Et comme il reste plus souvent qu’autrement un solde sur les marges, les frais d’intérêt s’empilent. Ce n’est pas trop douloureux quand les taux d’intérêt sont bas. Mais la Banque du Canada va hausser son taux directeur en 2011, et cette hausse va se répercuter immédiatement sur les marges de crédit.

Se priver pendant le temps des Fêtes? Vivre une vie de moine? Non. Mais mieux vaut dépenser raisonnablement, en se donnant comme objectif d’en arriver à diminuer son endettement. Voilà une excellente résolution pour la nouvelle année!

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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