MONTRÉAL — Plusieurs modifications ont été apportées au projet de train électrique de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) afin de répondre à certaines des critiques formulées à son endroit, mais celui-ci est toujours sur les rails pour une réalisation d’ici 2020, et ce, dans les mêmes paramètres financiers.

«Ce serait bien présomptueux de dire qu’on répond à l’ensemble des critiques; on démontre surtout qu’on améliore le projet en continu», a expliqué Jean-Marc Arbaud, directeur général adjoint de CDPQ Infra, la filiale de la Caisse qui pilote le projet de 5,5 milliards $, lors d’une mise à jour, mercredi.

«On propose des améliorations, des optimisations, résultat de six mois de travail et d’échanges avec les différentes parties prenantes partenaires», a-t-il indiqué.

Les responsables de la filiale CDPQ Infra ont ainsi annoncé qu’ils se sont entendus avec le Canadien National (TSX:CNR) pour acheter la structure aérienne qui mène à la Gare centrale et pour utiliser la Gare pour les prochaines années.

«Ça permet de sécuriser tout l’accès à la Gare centrale et de faciliter énormément l’entrée dans la ville de Montréal», a indiqué M. Arbaud.

L’entente, qui permet aussi au Réseau électrique métropolitain (REM) de passer sous les voies du CN dans le quartier Pointe-Saint-Charles, permettra de préserver plusieurs bâtiments, dont l’édifice Rodier dans Griffintown, qui étaient menacés par le projet initial et d’éviter la fermeture de quelques rues.

De plus, des modifications ont été apportées afin de préserver les milieux humides et l’habitat de deux espèces vulnérables, soit la couleuvre brune et le petit blongios (une espèce d’oiseau). Ces modifications comprennent le rallongement du tunnel menant à l’aéroport Montréal-Trudeau pour protéger le Parc-nature des Sources, un ajustement du tracé souterrain dans le Technoparc et un déplacement vers l’est du stationnement et du terminus d’autobus de la gare de Sainte-Anne-de-Bellevue.

Par ailleurs, le projet prévoit désormais ajouter des voitures vides du REM en attente à la station intermodale de l’Autoroute 40, où les passagers du train de banlieue de Mascouche, qui n’aura plus accès au tunnel sous le Mont Royal, pourront transférer facilement d’un réseau à l’autre à l’aide d’un quai partagé.

Les éventuels soumissionnaires seront également invités à proposer des solutions pour relier le REM aux stations de métro Édouard-Montpetit et McGill, ainsi que pour aménager une station dans le secteur de Griffintown. Ces projets s’ajouteront toutefois à l’enveloppe prévue et, bien que CDPQ Infra n’ait pas encore déterminé la manière dont ils seront financés, le promoteur est très conscient qu’il lui faut relier le REM au réseau du métro.

«Nous sommes convaincus que ces stations-là sont vraiment utiles, nécessaires, a reconnu M. Arbaud. Ça donne vraiment une meilleure intégration au réseau.»

Les modifications ont permis de réduire quelque peu le nombre de propriétaires qui devront être relocalisés, mais il reste néanmoins une soixantaine de bâtiments, dont 25 à 30 résidences privées, qui ne pourront demeurer en place. CDPQ Infra a bon espoir de pouvoir s’entendre avec les propriétaires et n’entrevoit l’expropriation qu’en tout dernier recours.

Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) doit tenir des audiences sur le projet à compter de la semaine prochaine et les promoteurs prévoient lancer deux appels de propositions dès cet automne, soit un pour l’ingénierie et la construction, l’autre pour le matériel roulant.

Si tout se déroule comme prévu, les travaux débuteront au printemps 2017 et les premières rames seront mises en service en 2020.

Selon Jean-Marc Arbaud, le projet continue de susciter un fort engouement, malgré les quelques critiques exprimées depuis son annonce.

«On sent toujours le même enthousiasme, le même support. C’est clair qu’il y a un besoin de développer les systèmes de transport en commun», a-t-il soutenu.

La Caisse compte investir 3 milliards $ dans le projet, les 2,5 milliards $ restants devant venir de Québec et d’Ottawa. Les dirigeants de CDPQ Infra se disent confiants de finaliser les engagements des deux gouvernements avant la fin de l’année.

Le REM reliera le centre-ville à l’aéroport, à Deux-Montagnes, à Sainte-Anne-de-Bellevue et à la Rive-Sud via le nouveau pont Champlain, soit un réseau de 67 kilomètres qui comprendra 24 stations et qui sera desservi par des trains électriques entièrement automatisés à une fréquence variant de trois à six minutes 20 heures par jour.

Le coût de passage n’a pas encore été déterminé, mais les responsables disent vouloir s’aligner sur les tarifs de l’Agence métropolitaine de transport.

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