Depuis quatre ans, la Place Alexis-Nihon, près du métro Atwater, est devenue un laboratoire vivant qui l’a hissé parmi les centres commerciaux les plus accessibles aux personnes vivant avec des limitations physiques.

Jeudi, une vingtaine de citoyens de domaines de professions divers, comme l’ingénierie, le design, les technologies de l’information, la santé et les affaires, ont accompagné des personnes handicapées dans la foire alimentaire du centre d’achats. Ils ont testé eux-mêmes les difficultés liées à se mouvoir avec des marchettes, des fauteuils roulants et des lunettes limitant la vision, pour ensuite identifier des problèmes et des solutions d’aménagement.

«En fauteuil roulant devant le comptoir, il y avait des éléments qui bloquaient ma vue et m’empêchaient de voir le menu», a observé une participante.

«Ça serait bien qu’il y ait, sur le sol, une indication tactile signalant qu’on est devant un restaurant», a pour sa part dit une dame avec une déficience visuelle.

C’est par le biais de tels ateliers de type «Living Lab», menés par le Centre de recherche interdisciplinaire en réadaptation du Montréal métropolitain (CRIR) en collaboration avec l’administration de la Place Alexis-Nihon, que le centre est devenu beaucoup plus accueillant pour tous.

Les propriétaires du centre ont ainsi inclus, dans leur large rénovation des dernières années, de nombreuses mesures facilitant la vie des personnes ayant des limitations. «C’est beaucoup plus clair et plus large qu’avant, il y a beaucoup plus d’espace entre les tables, a remarqué Carlo Sorrini, qui se déplace en fauteuil roulant électrique. Avant, c’était sombre et on avait de la difficulté à passer.»

Parmi les autres changements notables, notons un grand ascenseur centré, des panneaux d’information plus visibles – écrits en gros et en noir sur blanc –, des poignées à manche sur les portes des toilettes pour faciliter l’ouverture et un plancher blanc et mat pour améliorer la visibilité.

Le partenariat a également permis la création d’un film en réalité virtuelle, utilisé dans plusieurs centres de réadaptation de Montréal, par lequel des patients s’exercent à faire leurs emplettes dans des commerces de la Place Alexis-Nihon.

Il reste tout de même du travail à faire, comme en a témoigné l’atelier d’hier, si bien que le projet se poursuit. Eva Kehayia, directrice du CRIR, souhaiterait que ce modèle soit étendu à d’autres centres commerciaux et places publiques.

L’accès aux centres commerciaux est d’ailleurs un enjeu bien réel, observe Linda Gauthier, présidente du Regroupement d’activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ), un organisme de défense des droits des personnes handicapées. «Souvent, il n’y a pas de comptoir de service à notre hauteur, les allées sont encombrées et les toilettes ne sont pas accessibles», a-t-elle déploré.

Living Labs
Environ 200 personnes provenant d’une vingtaine de pays ont participé à l’évènement international OpenLivingLabs Days, qui se termine aujourd’hui à Montréal.

Il vise à promouvoir et à mener plus loin la méthode d’innovation Living Lab, qui implique les citoyens dès les premiers stades de création, notamment par le biais des technologies.

Une dizaine de laboratoires du Québec sont membres du Réseau européen de Living Labs, dont le CRIR, la Société des arts technologiques et Communautique.

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