Josie Desmarais/Métro L’ancienne église Notre-Dame du Perpétuel Secours est devenue le Théâtre Paradoxe.

On recense à Montréal plus de 3 500 entreprises d’économie sociale, qui génèrent une activité économique, dont plus de 60 000 emplois, en plus de poursuivre une mission sociale. Alors que le Forum mondial de l’économie sociale s’ouvre mercredi à Montréal, voici le portrait de coopératives et d’organismes qui font une différence.

Réinsertion dans un théâtre

Les mélomanes qui iront assister au concert de Godspeed you! Black emperor du 19 au 22 septembre entreront dans une salle entièrement montée et entretenue par des jeunes de 18 à 35 ans en démarche de réinsertion sociale.

Depuis deux ans, l’ancienne église Notre-Dame du Perpétuel Secours, dans Ville-Émard, est devenue le Théâtre Paradoxe, qui sert de plateforme de formation pour de futurs techniciens de scène, techniciens en production vidéo, manutentionnaires et préposés à l’entretien. «Ce sont des jeunes peu scolarisés, qui ont de la difficulté à obtenir un emploi, mais qui sont motivés à travailler, a expliqué Julien Rougerie, responsable des communications. De 80 à 90% d’entre eux ont trouvé un emploi ou sont retournés à l’école après leur passage ici.»

Cet organisme à but non lucratif vise aussi à contribuer à la redynamisation économique du secteur et à augmenter l’offre culturelle dans le quartier. «Les commerçants locaux nous disent qu’ils ont plus de clients lors de nos soirées spectacles», a souligné M. Rougerie. Il s’y tient une centaine d’évènements par année, dont plusieurs sont privés.

Le Théâtre a aussi une mission écologique, utilisant de l’éclairage basse-consommation, limitant l’utilisation de plastique et évitant le transport de matériel loué à l’extérieur.

Repas santé pour tous

Il est difficile, dans le quartier Centre-Sud, de manger santé à petit prix, croit Alexandre Morneau, cuisinier et membre de la coopérative Café Touski.

Ce café, ouvert depuis 2003, vise à pallier ce manque. Il offre par exemple des bols de légumes aux falafels ou au tofu pour 8 $ et des assiettes de végé-burger à 6,25 $. «On peut tolérer une faible marge de profit, car on sent qu’on fait la différence», a affirmé Catherine Jauzion, cofondatrice de la coopérative.

Ici, il n’y a pas de patron. Le restaurant est géré par les travailleurs membres de la coop. «On a créé des comités pour prendre en charge plusieurs dossiers, comme la création du menu ou l’ajustement des prix», a exposé M. Morneau.

L’avenir du café est incertain en raison de la vente de l’immeuble où la coop est locataire. Ses membres sont à la recherche d’un lieu qui pourrait accueillir, avec leur partenaire Mères avec pouvoir, leur projet, qui est d’installer leur café et des logements pour mères monoparentales vulnérables dans le même bâtiment.

Faire rayonner le talent d’ici

La Guilde des développeurs de jeux vidéo indépendants regroupe 97 entreprises québécoises employant environ 1 000 personnes. Son objectif est de faire rayonner davantage ce talent local.

Pour y arriver, la Guilde offre à ses membres, des producteurs de jeux vidéo comptant en moyenne 10 employés, divers services de professionnels, comme des avocats, des comptables, ainsi que des assurances collectives. «C’est aussi beaucoup du partage d’expertise, pour ne pas que les développeurs marchent sur les mêmes pelures de banane, a mis de l’avant Louis-Félix Cauchon, président de la Guilde. Ils sont bons pour faire des jeux vidéo, mais moins pour le marketing ou la commercialisation.»

Selon M. Cauchon, le modèle coopératif permet aux acteurs locaux de s’approprier un secteur d’activité, par opposition à des géants comme Ubisoft, qui emploie 3 000 personnes. «On espère que ça va créer des petits dans d’autres domaines», a-t-il souhaité.

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