Josie Desmarais Valérie Plante assure avoir obtenu le soutien de sa famille - son conjoint et ses deux enfants - avant de briguer le poste de chef de Projet Montréal, l'opposition officielle à l'hôtel de ville de Montréal.

La rumeur courait depuis quelques mois. Ça y est : la conseillère municipale Valérie Plante se lancera mardi soir dans la course à la chefferie de Projet Montréal, avec la conviction de pouvoir battre Denis Coderre en 2017 et de devenir la première mairesse de Montréal.

«Personne n’est imbattable, surtout en politique. Et je pense que je l’ai déjà démontré», a souligné Valérie Plante, en primeur à Métro, elle qui a battu Louise Harel dans son district en 2013.

Peu de personnes la pensaient capable de gagner cette campagne. «Bien que j’aie travaillé très fort, il y avait aussi une question de vent politique, et ça, personne n’a de contrôle là-dessus, ajoute celle qui souhaite succéder à Richard Bergeron, ancien chef et fondateur de Projet Montréal, qui s’est joint au comité exécutif de la Ville de Montréal à titre d’indépendant en 2014. Je ne peux pas dire que Denis Coderre est un adversaire facile à battre, mais il n’est pas imbattable.»

Le poste de chef intérimaire de Projet Montréal est actuellement tenu par le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez.

La conseillère, qui doit déjà confronter Denis Coderre tous les mois au conseil d’arrondissement de Ville-Marie, estime être la mieux placée pour poursuivre ces débats à un niveau supérieur. «Je vois comment il est, comment il réagi, ça ne me fait pas peur. Sa façon de ne pas aimer qu’on s’oppose à lui, c’est une raison de plus pour clamer que je n’aime pas ce genre de leadership», explique-t-elle.

Valérie Plante assure également avoir obtenu le soutien de sa famille – son conjoint et ses deux enfants – avant de briguer le poste de chef de Projet Montréal, l’opposition officielle à l’hôtel de ville de Montréal. Il était important pour elle qu’il y ait au moins une femme dans la course à la chefferie, et c’est ce qui a fait germer l’idée de se présenter elle-même. «Il était hors de question que nous n’ayons pas de candidatures féminines dans un parti aussi progressiste que Projet Montréal», dit-elle, espérant qu’il y ait d’autres femmes candidates en plus d’elle.

Elle reconnaît que Projet Montréal n’a pas toujours fait l’unanimité depuis sa fondation et que le parti doit maintenant rejoindre un nouveau public. «Quand je discute avec les Montréalais, de nos idées, ils me disent que ça leur parle, ce sont des idées novatrices. Mais on dirait que le véhicule, le visage du parti [dans les dernières années], n’était pas le bon. Il y avait comme un décalage entre les idées mises de l’avant et le leader», dit l’anthropologue de formation, parlant de l’ancien chef Richard Bergeron. Elle dit souhaiter être une «leader plus rassembleuse, avec une facilité à vulgariser, à échanger».

Elle est persuadée toutefois que les Montréalais «en ont assez du mode de gestion à la petite semaine» de Denis Coderre, dit-elle. «Ils ont l’impression que Denis Coderre y va un peu au gré du vent, selon la saveur de la semaine. Ce qui fait des dossiers mal attachés, un show de boucane, déplore l’élue. Les gens commencent à se demander s’il y a autre chose derrière l’image de ce maire qui a une attitude très « papa a raison ».»

«Les gens ont envie de sortir du modèle traditionnel du politicien qui doit absolument être grande gueule, baveux. Au-delà de l’attitude « c’est moi le plus fort », il faut regarder c’est quoi la vision du politicien. Et c’est là que j’ai l’intention de montrer que j’ai la couenne dure.» – Valérie Plante, candidate à la direction de Projet Montréal

Indignée que près de 4000 ménages quittent la ville chaque année, incapables de s’offrir un condo ou une maison à Montréal, elle souhaite s’attaquer aux écarts entre les Montréalais afin de remédier à la situation. «Et je ne parle même pas des écarts entre les très riches et les très pauvres, je parle de la classe moyenne, qui, même si elle met toutes ses économies et travaille à temps plein, n’arrive pas à élever a famille ici. Je trouve ça très préoccupant», nuance-t-elle.

Ayant elle-même déjà jonglé avec l’idée de quitter Montréal pour la banlieue, avec sa famille, en raison du coût élevé des habitations en ville, elle estime qu’il faut investir davantage dans les réserves foncières. «Quand une famille élève ses enfants, c’est le moment où, d’un point de vue économique, elle dépense le plus et est le plus rentable pour la Ville. Et nous, on laisse partir ça», s’inquiète-t-elle.

Réduire les écarts entre les Montréalais passe également par un meilleur accès aux transports en commun, estime-t-elle. «Ceux qui habitent Montréal-Nord ou Pointe-aux-Trembles me disent que ça leur prend 1h30 de transport en commun pour venir au centre-ville, s’indigne la candidate. Est-ce qu’on peut aussi avoir un transport en commun confortable, dont on est fier? Et pourquoi se limite-t-on à une ligne de métro, puis on se dit: « Ça va être ça, on verra plus tard »?» regrette Mme Plante.

Le projet de réseau électrique métropolitain (REM), annoncé par la Caisse de dépôt et placement du Québec, est un «beau projet, conçoit-elle, mais comment se fait-il qu’on n’ait pas de plan global? On fait un morceau, mais ça doit absolument être attaché à une vision plus large, comme Toronto l’a fait», insiste-t-elle.

Et comment finance-t-on le tout? «Si on croit que le transport en commun est vraiment important, on va aller chercher les sources de financement appropriées. C’est une question de priorité», laisse-t-elle savoir.

Elle estime qu’il serait possible de négocier plus de transferts du gouvernement provincial et même fédéral.

«Mais je refuse que la Ville de Montréal s’en tienne à la gestion à la pièce. L’avenir de la Ville est intimement lié à son offre de transport en commun», clame la candidate.

Le seul autre élu ayant déjà fait savoir qu’il se portera candidat à la direction de Projet Montréal est François Limoges. Malgré les rumeurs, l’élu Guillaume Lavoie a fait savoir lundi sur sa page Facebook qu’il ne sera pas candidat.

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