À dix jours de l’entrée en vigueur des nouvelles règles concernant les autos en libre service, Communauto et car2go s’unissent pour dénoncer le «mépris» de l’administration Coderre. Cette dernière se défend de toute mauvaise intention.

À la suite de la présentation de la stratégie de la Ville en août dernier, les deux entreprises d’autopartage à la minute avaient exprimé plusieurs craintes. Elles ne pourront plus par exemple remplacer un véhicule hybride ou à essence par autre chose qu’un véhicule électrique, même si elles respectent les quotas de véhicules verts. Pourtant la Ville a elle-même admis que la technologie des véhicules électriques n’était pas encore mure, notamment à cause de l’autonomie.

Les deux sociétés concurrentes qui totalisent plus de 1000 véhicules font face à des restrictions quant à l’élargissement de leur flotte. De plus, leurs autos à essence n’ont toujours pas accès aux stationnements sur rue du centre-ville.

«Aucune autre industrie liée à la mobilité ne se voit imposer de telles contraintes, sans raison. On veut limiter un service qui permet de retirer des voitures individuelles des routes, c’est incompréhensible» ont dénoncé les deux entreprises par voie de communiqué, mardi.

Les représentants des deux compagnies appellent leurs abonnés ainsi que les citoyens à manifester leur mécontentement auprès des élus en utilisant le #jaimemonVLS sur les réseaux sociaux.

Du côté de l’administration Coderre, on affirme au contraire être à l’écoute des deux entreprises. «On a donné un an de plus à car2go pour qu’ils commencent à électrifier leur flotte, on a permis à Communauto d’avoir plus de véhicules que prévu, et la semaine prochaine nos fonctionnaires vont rencontrer les deux entreprises», a rétorqué Aref Salem, l’élu responsable des transports à la Ville.

Ceci dit, M. Salem a indiqué qu’il ne dérogera pas aux objectif d’électrification graduelle visant à obtenir 100% des véhicules électriques pour 2020. Pour cette raison, le centre-ville restera ouvert uniquement aux VLS électriques. «On veut donner un avantage aux entreprises qui investissent dans l’électrification», a-t-il justifié.

À ceux qui clament que la stratégie de déploiement des bornes de recharge est inadéquate, l’élue Elsie Lefebvre, qui pilote elle aussi le projet, a souligné que Montréal accélère le rythme du déploiement. «De 134 bornes actuellement, on va passer à 234 d’ici fin 2016 et à 500 à la fin de 2017», a-t-elle souligné. Des zones de stationnement résidentiel sur rue au centre-ville seront aussi réservées aux véhicules électriques afin d’offrir une solution de rechange aux clients dans le cas où toutes les bornes seraient occupées.

Projet Montréal, par la voix de l’élu de Craig Sauvé, clame que de son côté que «l’administration Coderre ignore la réalité sur le terrain et impose un règlement qui ne tient pas compte des réels besoins».

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