Collaboration spéciale

Les «oui, mais» se succèdent aux audiences publiques du Réseau électrique métropolitain (REM). On ne peut pas dire que le projet suscite beaucoup de soutiens inconditionnels dans les mémoires présentés au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), qui se déroulent cette semaine à Montréal.

Jeudi, l’agglomération de Longueuil a déclaré que le processus de financement par captation foncière était «inéquitable» et «inacceptable». Ce processus de financement consiste à capter une partie des revenus issus des taxes foncières pour les nouveaux projets immobiliers construits le long du tracé, dans un rayon d’environ 15 minutes de marche.

Comme ces immeubles auraient une valeur plus élevée, à cause de la proximité du train électrique, le promoteur du projet, la Caisse de dépôts et placements du Québec, espère pouvoir en récupérer une partie pour financer les 5,5G$ que coûte le projet. Longueuil estime que cette somme serait de 350M$, mais la Ville s’oppose à cette captation étant donné que les revenus fonciers sont la principale source de revenus des municipalités.

Pour éviter d’accroître les bouchons aux abords du terminus sur la Rive-Sud, la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, recommande d’élargir l’autoroute 30. «Le meilleur système de transport collectif sera inefficace si son accès est difficile pour les citoyens qui veulent s’y rendre», écrit-elle, en insistant sur l’importance que soit dévoilé le modèle tarifaire.

Du côté des organismes environnementaux, on soutient le REM à condition d’en limiter les effets néfastes sur l’étalement urbain et l’accaparement des terres agricoles dans la métropole. Il ne doit pas non plus nuire au financement d’autres projets de transports en commun, tels que le prolongement de certaines lignes de métro actuellement sur la glace, d’après Équiterre, Vivre en ville et le Réseau des conseils régionaux de l’environnement.

Ces organismes recommandent donc d’intégrer un arrêt à la station de métro McGill dès la première phase et de limiter les places de stationnement incitatif, surtout dans l’Ouest de l’île. Ils demandent aussi au gouvernement d’annoncer en parallèle les prolongements de la ligne bleue vers l’est et la ligne orange d’un kilomètre vers la station Bois-Francs pour assurer une connexion du REM dans l’arrondissement de Saint-Laurent.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) soutient pour sa part que le projet de REM permettrait de «soulager réseau routier» , tout en créant 7500 emplois durant la phase de construction et en offrant un lien vers l’aéroport, ce qui améliorera l’image de Montréal comme ville d’innovation. «Les conséquences positives du projet éclipsent largement les négatives […], le projet de REM est un incontournable pour l’avenir de la région métropolitaine», écrit la CCMM, qui souligne qu’aucun projet d’infrastructure n’est à impact zéro.

Le parti Projet Montréal s’inquiète aussi du manque de connexions et de stations à Montréal. «Sans branchement formel avec le métro, Montréal gagnerait quoi? On se retrouverait avec un équipement moderne, mais qui limiterait les bénéfices aux usagers des banlieues», mentionne le parti dans son mémoire.

Projet Montréal mentionne en outre que «l’achat du tunnel du mont Royal et son utilisation exclusive pour le REM, menace directement la faisabilité du projet de Via Rail et son projet de train rapide entre Québec et Windsor».

Finalement le parti demande une représentation des usagers et des élus au CA pour contrer notamment l’établissement de tarifs trop élevés, la Caisse obtenant généralement des rendement autour de 10% pour ses investissement ferroviaires.

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