Chantal Levesque/Métro

Le métro de Montréal fête aujourd’hui son cinquantième anniversaire. Pour l’occasion, Métro explore différentes facettes du réseau souterrain dans lequel se déplacent les Montréalais depuis 1966. Aujourd’hui, les voitures de métro sont mises de l’avant.

L’arrivée des voitures Azur est à l’origine de grandes perturbations dans l’atelier de réparation Youville. Entre la livraison de deux nouveaux trains, les employés doivent être formés et les vieilles voitures doivent retirées de la circulation.

«Encore deux grosses années de rush, lance le directeur de l’entretien du matériel roulant de la Société de transport de Montréal (STM), Carl Arsenault, lors d’une visite de Métro dans le garage de la rue Saint-Laurent. Ce dernier semble confiant malgré les défis qui se présentent à son équipe. Si certains des membres de celle-ci sont craintifs devant la nouvelle technologie des Azur, d’autres ont hâte de se faire la main sur ces voitures dernier cri.

À ce jour, sept trains Azur ont été livrés dans ce centre d’entretien, qui a complètement été réaménagé en 2012 au coût de plus de 100M$. Les nouvelles voitures font l’objet d’une surveillance accrue pour détecter les défauts susceptibles d’interrompre le service. Elles ont déjà provoqué des pannes qui ont parfois dépassé cinq minutes.

«Tous les trains qu’on reçoit, on sait qu’il y a des correctifs qui devront être faits dessus, explique M. Arsenault. C’est comme une nouvelle voiture. Il y a du rodage à faire. Plus on a des trains en service, plus on va connaître leur comportement et plus on va être capable de régler les problèmes qui restent.»

Ces problèmes s’avèrent pour le moment mineurs et ne compromettent en aucun temps la sécurité des usagers, assure la STM. Les logiciels qui encadrent les communications et qui contrôlent les déplacements du train ont notamment dû être modifiés, de même que la cloison située entre la loge du chauffeur et l’espace voyageur, qui a dû être renforcée. Des changements ont ainsi dû être apportés à la chaîne de production des voitures Azur à La Pocatière.

Jusqu’à la fin de l’année, un train Azur sera livré à tous les mois dans le garage de la STM. Celle-ci évaluera par la suite sa capacité à recevoir plus de trains.

La livraison des nouvelles voitures a déjà obligé la STM à revoir la répartition de ses voitures dans ses deux garages d’entretien – le deuxième se trouvant à la station Honoré-Beaugrand – et de mettre au rancart un train MR-63, qui roulait depuis 1966.

Parallèlement à ce va-et-vient des trains, les employés d’entretien doivent être formés. La pas technologique est tellement importante entre les voitures MR-63, MR-73 et les Azur que leur apprentissage s’annonce de longue haleine.

«Ça comporte des formations de quatre à cinq semaines pour chacun des systèmes, ce qui nous amène à quinze systèmes à former», indique Carl Arsenault.

Les 165 employés de l’atelier Youville affectés à l’entretien des voitures de métro et au dépannage d’urgence, sept jours sur sept, doivent mettre à jour leurs connaissances avec l’arrivée des voitures Azur, de même que ceux de l’atelier Honoré-Beaugrand qui veillaient au bon fonctionnement des MR-63 et qui devront progressivement prendre en charge les MR-73.

«On y va graduellement, dit M. Arsenault. C’est un gros défi pour nous de maintenir le service avec la venue du nouveau train.»

Les premières discussions sur les voitures de métro

Lorsque le maire Jean Drapeau et le président du comité exécutif, Lucien Saulnier, se sont entendus en 1960 pour construire une métro souterrain à Montréal, bien des détails restaient à peaufiner, dont ceux qui concernaient les fameuses voitures.

  • La décision d’adopter les pneus en caoutchouc s’est avérée la bonne en raison de leur adhérence dans les pentes. «C’est ce qui a permis de construire le métro sous le fleuve, explique l’auteur et historien, Benoît Clairoux. [À partir de la station Jean-Drapeau], un métro sur roue d’acier serait sorti à Mont-Royal et pas à la hauteur de la rue Sainte-Catherine. Il aurait fallu aller plus loin parce que la pente n’aurait pas été aussi prononcée.»
  • Les Français venus à Montréal pour donner un coup de main dans l’élaboration du projet de métro voulaient absolument que l’administration Drapeau-Saulnier choisisse les voitures parisiennes de petit gabarit. Ils avaient déjà adopté leur bogie. Monsieur le maire préférait avoir un concept unique, ce qui fait qu’il a fait appel au designer très en demande, Jacques Guillon. Sa firme a conçu le design des voitures et, au grand déplaisir des Français, le contrat de production a été confié à la Canadian Vickers, qui en a construit 336. Bombardier a de son côté fabriqué les 423 voitures de deuxième génération, les MR-73, qui doivent rouler jusqu’en 2036.
  • Quant à la couleur des voitures, le maire Drapeau voulait coûte que coûte qu’elles soient rouges et blanches, aux couleurs de Montréal. Jacques Guillon était en profond désaccord avec cette décision, préférant le bleu et le blanc. Ces couleurs ont finalement été choisies, selon la légende, grâce à un chandail que portait l’épouse de Lucien L’Allier, le directeur des travaux publics de la Ville de Montréal, lors d’une visite de l’atelier de production.

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