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Mettant de côté leurs «différends», des syndicats et des parents unissent leurs voix à la direction de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) pour dénoncer l’effet des coupes du gouvernement québécois sur les services aux élèves et demander des réinvestissements.

Des représentants de sept groupes, dont des syndicats d’employés et des associations représentant des cadres et des directeurs d’établissement, ainsi que le comité de parents, ont rencontré des membres de la direction de la CSDM le 11 octobre dernier. Ils se rencontreront encore le 25 octobre pour établir «en consensus» des revendications qu’ils transmettront au ministre québécois de l’Éducation, Sébastien Proulx.

La présidente de l’Alliance des professeures et des professeurs de Montréal, Catherine Renaud, abondait en ce sens. «Ce qui nous unit, c’est de dire que ça suffit, cette situation-là est intenable, a-t-elle martelé. Ça ne peut pas continuer comme ça éternellement.»

«La situation est insoutenable à la CSDM. Les besoins de nos élèves sont de plus en plus grands, alors que les moyens sont de plus en plus limités», a-t-elle ajouté.

Avec ses quelque 13 800 élèves aux besoins particuliers, deux tiers d’élèves en situation de pauvreté et 51,5% d’élèves dont le français n’est pas la langue première, la CSDM vit une situation «particulière», différente des autres commissions scolaires du Québec, avance Mme Harel-Bourdon.

Mère de trois enfants avec besoins particuliers et présidente du comité de parents de la commission scolaire, Mélanie Taillefer a qualifié la CSDM de «patient sur le respirateur artificiel».

«On en demande toujours plus aux parents. De plus en plus de parents peinent à payer les services de garde, les manuels, les livres, a-t-elle témoigné. On trouve de plus en plus de solutions innovantes pour aller piger dans les poches des parents, mais on n’y arrive plus.»

Contrainte à atteindre l’équilibre budgétaire par le gouvernement, la CSDM «s’en va dans la lignée» de ces demandes, a assuré la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdo. La CSDM publiera sa situation financière la semaine prochaine, et le «redressement» tire à sa fin, soutient-elle.

Par exemple, la CSDM a réussi à investir 27,9M$ de plus dans l’enseignement pour les élèves aux besoins particulier et 9M$ dans la francisation en 2015, «en se serrant extrêmement la ceinture», et en retranchant de 20% les effectifs du personnel administratif, illustre-t-elle.

«Oui, on peut faire les choses différemment, mais est-ce que c’est juste ça qui va venir combler les besoins de nos élèves? Certainement pas. Ça va prendre des investissements», affirme-t-elle.

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