Archives Métro L’opposition s’inquiète notamment du retrait de la piste cyclable de la rue Saint-Urbain au profit d’une voie réservée.

La Ville de Montréal étudie actuellement un projet d’implantation de voies réservées pour les autobus et les vélos sur près d’une dizaine de grandes artères de Montréal, dont Saint-Denis, Sherbrooke et Saint-Laurent, a fait savoir Projet Montréal.

Le chef de l’opposition à la Ville, Luc Ferrandez, qui a obtenu le plan, craint pour la sécurité des cyclistes et que l’administration Coderre réalise ce plan en secret et sans consulter le milieu.

Selon les informations que M. Ferrandez a obtenues, les rues Rosemont, Labelle, De Lorimier, Papineau, Saint-Denis, Sherbrooke, Saint-Laurent et Saint-Urbain seraient toutes dotées d’une voie réservée pour les autobus et les vélos en 2017. La piste cyclable sur Saint-Urbain serait ainsi retirée. Aussi, les rues Papineau et De Lorimier deviendraient à sens unique «pour améliorer leur fluidité» entre Crémazie et Sherbrooke.

Luc Ferrandez dit avoir demandé une rencontre avec la Société de transports de Montréal (STM), l’auteure de ce projet. La rencontre lui aurait été accordée, puis annulée 1h15 avant le rendez-vous. On lui aurait affirmé qu’aucune information ne lui serait transmise «pour des raisons politiques».

«Un partage vélo et autobus ça peut fonctionner quand le nombre de cyclistes est faible. Mais quand le nombre augmente, ça devient très difficile, indique M. Ferrandez. Sur Saint-Urbain, je ne vois pas comment l’autobus va faire pour passer. Comment vont réagir les chauffeurs?» questionne le chef de l’opposition, qui rappelle que l’ONU plaide pour la création de pistes cyclables.

Luc Ferrandez reconnaît qu’il peut y avoir de bonnes choses dans ce projet, mais ne veut pas qu’il soit étudié en secret, puis réalisé sans que les arrondissements, Vélo Québec, la Direction de la santé publique et les écoles du secteur ne soient consultés. «Il y a énormément de questions à se poser ensemble. Le maire ne peut pas juste travailler dans son coin avec un projet secret et après déposer ça sur la table», fait valoir le chef de l’opposition.

Il s’inquiète notamment que la rue De Lorimier devienne un endroit où les voitures puissent faire de la haute vitesse. «Si on veut transformer la rue De Lorimier, comment on va faire ça? Est-ce qu’on va enlever le stationnement à l’heure de pointe? Si on l’enlève, on est à quatre voies de circulation dans une direction, c’est une véritable autoroute. Est-ce qu’on va sécuriser les intersections en conséquence?» soulève M. Ferrandez comme questions à se poser sur le projet.

«Sur Saint-Laurent, le problème c’est que comme il n’y a pas de ruelles, les camions de livraison se garent en double, ajoute M. Ferrandez. Alors elle va être où la voie réservée?»

Denis Coderre a tenu à calmer le jeu, disant qu’il commence «par regarder l’ensemble des options pour que les choses se [fassent] adéquatement». «On est en train de mettre sur pied une série d’actions et on les regarde toutes. On a d’ailleurs déjà un projet pilote sur Viau au niveau des voies réservées avec les cyclistes. Ce projet nous permettra une collecte de données. Il faut qu’il y ait une fluidité, la sécurité et s’assurer qu’on puisse avoir un impact direct sur la congestion. Avec moi, il n’y a jamais de surprises», a expliqué le maire de Montréal.

Luc Ferrandez demande également plus d’information sur la création des artères à sens unique sur Papineau et De Lorimier, lui qui avait également suscité la controverse pour des rues à sens unique sur le Plateau. «Est-ce que vous vous souvenez du psychodrame quand on a changé 100 mètres de sens unique sur le Plateau? Pendant sept ans, tous les médias en ont parlé. Là, c’est toute la ville qui va être modifiée. Si vous voulez aller vers le nord, vous allez être obligé d’utiliser les rues perpendiculaires pour vous rendre à De Lorimier. Après Saint-Denis il n’y aurait plus moyen d’aller vers le nord», précise M. Ferrandez, qui demande plus d’informations sur le projet.

C’est la Société de transport de Montréal qui est en charge de réaliser les études sur ces voies réservées pour bus et vélo. «Les études ne sont pas encore terminées et il est trop tôt pour parler des concepts et des échéanciers de réalisation», a indiqué la porte-parole de la STM, Isabelle Tremblay.

Projet de voie réservée sur Viau
Un projet pilote sur une voie réservée pour bus et vélo a été réalisé en 2014-2015 sur le boulevard Viau, entre le boulevard Rosemont et l’avenue Pierre-de-Coubertin. D’une largeur de 4,5 mètre et d’une longueur de 5,8km, elle comprend un corridor pour bus et taxi ainsi qu’un autre pour les vélos. Pendant la durée du projet pilote, aucun accident n’est survenu et aucune plainte n’a été acheminée à la STM. Celle-ci a conclu, au terme du projet pilote, que celui-ci était «concluant»et qu’elle tentait de reproduire l’expérience ailleurs dans la métropole.

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