Yves Provencher/Métro

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) a terminé l’exercice budgétaire 2015-2016 avec un surplus de 196 000$. Un déficit de 11,5M$, puis de 5M$, avait pourtant été prévu.

«L’équilibre qui est atteint est fragile, a prévenu mercredi la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, quelques heures avant l’adoption des états financiers vérifiés par le conseil des commissaires. On va devoir continuer à travailler sur des solutions permanentes.»

C’est que ce surplus budgétaire repose sur des variations de dépenses et de revenus qui ne s’annoncent pas récurrentes. Par exemple, la CSDM a pu conserver la somme de 2,6M$ destinée à des «mesures [éducatives] probantes et innovantes» qu’elle n’a pas eu le temps de dépenser pendant l’année scolaire parce que l’enveloppe budgétaire totale de 4,5M$ a été accordée seulement au mois de mars par Québec. Un ajustement au financement des immeubles loués (400 000$) et une importante provision pour l’assurance-maladie des employés de la CSDM qui n’a pas été utilisée (2,5M$) ont aussi contribué à l’accumulation du surplus.

Cet excédent aurait pu être plus élevé si, par exemple, la vente des immeubles excédentaires de la CSDM avait rapporté les gains espérés (3,3M$) ou si l’enveloppe budgétaire consacrée à l’enseignement n’avait pas été déficitaire (-6,6M$). Le transport scolaire a aussi miné le budget de la CSDM pour un montant de 5M$, et la provision pour régler d’éventuels griefs a dû être renflouée d’un montant de 12,5M$.

«Ces éléments vont continuer de nous nuire, mais on a commencé à les anticiper», a dit la directrice générale adjointe à la gestion de la performance financière et de l’efficacité opérationnelle, Lucie Painchaud. Cette dernière a réitéré les objectifs de la CSDM, soit de présenter un budget non-déficitaire pour l’année scolaire 2016-2017 et d’atteindre un «équilibre structurel» qui ouvrira la porte à un réinvestissement dans les services.

Le surplus enregistré pendant l’année scolaire 2015-2016 a servi à rembourser la dette, qui atteint maintenant 83,3M$. Des discussions sont présentement en cours entre la CSDM et le ministère de l’Éducation pour décider des modalités de remboursement. «[On veut] avoir une marge de manœuvre pour éviter d’être pris à la gorge avec notre remboursement et pour pouvoir investir dans le développement», a mentionné Mme Harel Bourdon.

Pour maintenir sa santé financière, la CSDM veut réfléchir au financement de ses services, particulièrement ceux offerts aux élèves à besoins particuliers, et à la façon dont ils sont offerts. En 2015-2016, elle a dû trouver 36M$ dans son budget pour assurer les services proposés aux élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation et d’apprentissage (EHDAA) ainsi qu’aux jeunes inscrits dans les classes d’accueil et de francisation. «On a l’obligation d’être innovant et d’être créatif pour trouver des pistes de solution innovantes», a dit Mme Harel Bourdon, après avoir évoqué la tenue prochaine d’un forum sur l’inclusion. Des revendications seront également adressées au gouvernement du Québec pour reconnaître le «statut particulier» de la CSDM, que réclament des commissaires, des syndicats et des parents liés à la plus grande commission scolaire du Québec.

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