Le nouveau terminal de croisières sur la jetée Alexandra commence à prendre forme dans le Vieux-Port de Montréal. En chantier depuis près d’un an, il doit accueillir ses premiers croisiéristes en mai prochain. Une centaine de travailleurs sont pour ce faire à pied d’œuvre.

Armature conservée
Achevée de construire en 1901, la jetée Alexandra a été pendant longtemps l’endroit où transitait le commerce du grain puis, où débarquaient des immigrants et plus tard, des croisiéristes. Pour l’ouverture de l’Expo 1967, un hangar a même été converti en gare maritime. Même si la charpente est centenaire, elle sera en grande partie conservée et même valorisée. «La structure est rivetée, a expliqué le chargé de projet de l’Administration du port de Montréal (APM), Dany Cattiaux. On ne voit plus cela aujourd’hui. On va la nettoyer et la rependre. Elle va être apparente pour pouvoir apprécier sa valeur patrimoniale.» La première exposition qui sera présentée dans le nouveau centre d’interprétation des activités portuaires retracera d’ailleurs l’histoire de la jetée et de sa gare maritime.

Moins de stationnement
Dans le nouveau terminal de croisières, il y aura moins de cases de stationnement. Leur nombre passera de 750 à 350 pour notamment laisser la place à un toit vert, qui sera aménagé au-dessus de la future gare maritime. Tout en luttant contre les îlots de chaleur, l’APM voulait ainsi attirer des visiteurs, que ce soit des Montréalais ou des touristes, sur la jetée. «On pourra être sur le toit vert même quand il y aura un bateau de croisière [amarré], ce qu’on ne pouvait pas faire avant», a fait savoir Dany Cattiaux. L’accès à cet espace, qui se fera par le large escalier de bois construit à côté du centre d’interprétation des activités portuaires ou par ascenseur de l’intérieur, sera gratuit, a assuré l’APM. Dans le stationnement qui sera conservé, des bornes de recharge électrique seront installées ainsi que des supports à vélo.

L’ouverture sur le fleuve
Au bout de la jetée, le quai a été abaissé de huit mètres. «Les gens vont pouvoir s’approcher de l’eau, a dit Dany Cattiaux. Ils vont presque pouvoir [y] toucher. Au fur et à mesure que l’été avancera, l’eau descendra et l’écart s’agrandira. On a choisi une élévation idéale pour qu’on ait une proximité avec le fleuve sans être submergé.» La place publique, qui se trouvera au bout de la jetée Alexandra, sera de la même superficie qu’un terrain de soccer. Elle sera surplombée à partir de 2019 par une tour d’observation. «On ne voulait pas être en chantier pendant la première saison des croisières, a mentionné la vice-présidente aux affaires publiques de l’APM, Sophie Roux pour expliquer le report des travaux de construction de la tour. On voulait livrer quelque chose en 2017.»

Attention au bruit
Afin de minimiser les impacts du chantier sur la jetée Alexandra, l’APM a fait amarrer un bateau du côté ouest. «Il sert d’écran acoustique et visuel, a indiqué M. Cattiaux. Il cache le projet et il sert d’atténuation d’impacts pour le spa Bota Bota, qui est juste à côté.» Des plateformes ont également été disposées autour de la jetée pour éviter le déversement de matériaux de construction dans le fleuve. «Rien n’a été déversé dans l’eau, a assuré Mme Roux. Tout le remblais a été sortis par camion.» Une partie béton démoli a aussi été concassée et réutilisée pour remblayer le site à certains endroits. M. Cattiaux a estimé que de 3000 à 4000 tonnes de bétons sont ainsi conservés sur le site.

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