Josie Desmarais/Métro Pierre Desrochers et Harout Chitilian

La Ville paie plus cher pour ses routes que le reste du Canada et le portrait ne change pas.

C’est, entre autres, ce que révèlent les indicateurs de performance de la métropole rendus publics mardi. Ceux-ci proviennent du Réseau d’étalonnage municipal du Canada (REMC) (auparavant le Ontario Municipal Benchmarking Initiative), qui compare les données de grandes villes canadiennes, telles que Calgary, Ottawa, Toronto et Winnipeg.

La réparation des routes, qui inclut les opérations de colmatage des nids-de-poule, les réparations des fissures et le nettoyage, a coûté en moyenne 25 573$ par kilomètre à la Ville de Montréal en 2015. Ce montant se situait à 23 969$ par kilomètre en 2014. Or, le coût médian de l’entretien des routes dans les grandes villes canadiennes se situait en 2015 à 10 229$ par kilomètre. C’était exactement le montant moyen que dépensait alors la Ville de Toronto pour remettre en état ses routes.

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Si on regarde le coût total des routes, qui inclut le marquage de la chaussée, son éclairage, les feux de circulation, l’entretien des pistes cyclables, les ponts, les passages à niveaux,  Montréal déboursait en 2014 et 2015 entre 54 000$ et 58 000$ par kilomètre de voie alors que la médiane des autres villes canadiennes se situait plutôt autour de 30 000$ par kilomètre.

Les dépenses de la Ville de Montréal pour ces indicateurs étaient donc largement au-dessus de la médiane des villes en 2014 et l’est restée en 2015.

La Ville explique d’emblée que ces montants incluent les dépenses d’amortissement, c’est à dire les frais d’emprunt, comme les intérêts. Et puisqu’elle investit massivement depuis les dernières années pour rattraper le retard dans l’entretien des routes, ceci fait augmenter les coûts. Le REMC confirme que les autres villes du rapport incluent elles aussi les dépenses d’amortissement.

Mais ces coûts élevés ne seraient-ils pas également attribuables aux coûts trop élevés de l’asphalte ou de la machinerie? «Effectivement, il faut creuser la question beaucoup plus», répond Pierre Desrochers, président du comité exécutif. Il ajoute que la Ville n’est pas en mesure actuellement de répondre à cette question.

«Comment se fait-il que les travaux coûtent plus cher à Montréal et que nos rues durent moins longtemps?, a réagi Sylvain Ouellet, porte-parole de Projet Montréal. Il y a deux explications possibles : soit la collusion existe toujours, soit l’administration du maire Coderre est tout simplement incapable de gérer de façon efficace les travaux à Montréal. Denis Coderre a annoncé vouloir doubler le nombre de chantiers l’an prochain, mais il serait absolument irresponsable de la part du maire de ne pas d’abord contrôler les coûts des travaux.»

Montréal peine aussi à réduire ses coûts pour l’entretien hivernal des routes. La particularité des ces opérations, qui ne comprennent pas le soufflage dans plusieurs quartiers de la métropole, pourrait être en cause, a souligné la Ville.

M. Desrochers a également mentionné que la Ville présente des résultats égaux ou supérieurs à la médiane pour 61% des indicateurs et qu’elle s’était améliorée pour 68% d’entre eux.

Indicateurs pour lesquels la Ville de Montréal s’est améliorée par rapport à l’an passé :
-Nombre moyen de soumissions par appel d’offres
-Coût total pour l’élimination des matières résiduelles par tonne
-Coût total des services policiers par habitant
-Nombre d’infractions criminelles non routiers par 100 000 habitants
-Coût d’exploitation des installations de sports et loisirs par habitant

Indicateurs pour lesquels la Ville de Montréal a reculé par rapport à l’an passé :
-Pourcentage de ponts, ponceaux et viaducs en bon état et très bon état
-Coût d’exploitation des bibliothèques par habitant
-Nombre de bris par 100 kilomètres de conduite
-Taux de roulement des employés permanents
-Nombre de consultations sur le site web principal de la Ville par habitant

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