Métro

Les réseaux de bus, de trains de banlieue et de métro qui desservent la région de Montréal ont permis d’éviter que 3,911 millions de tonnes de pollution ne soient émises en 2015.

C’est ce qu’une étude portant sur l’impact des transports collectifs dans les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), dont les résultats ont été dévoilés lundi, a révélé. Elle a été réalisée par la Société de transport de Montréal, avec l’aide de Québec et des autres sociétés de transport de la région métropolitaine, et ses résultats ont été validés par la firme d’expert-conseil Golder.

«Ces résultats sont quand même un peu spectaculaires. Ils sont au-delà de nos attentes, a affirmé lundi le gestionnaire corporatif en développement durable de la STM, André Porlier. Ce dernier a précisé que les hypothèses de travail étaient très conservatrices pour éviter que les résultats ne soient surévalués.

Ce bilan de la pollution évitée grâce aux réseaux de transport collectif a été dressé selon la méthode que l’American Public Transportation Association (APTA) a élaborée au cours des dix dernières années et à l’aide de la documentation de la Transit Cooperative Research Program. Ainsi, près d’un usager de bus, de train de banlieue et de métro sur deux (51%) prendrait sa voiture s’il n’y avait pas de service de transport collectif dans la région de Montréal, a révélé un sondage Léger. L’ajout des déplacements automobiles de ces usagers, selon l’endroit où ils résident, et leur impact sur la congestion automobile ont aussi été mesurés, tout comme la densité des quartiers, qui augmente avec la présence d’une gare, d’une station de métro ou d’un arrêt de bus.

«La méthodologie de l’APTA est la plus reconnue, a dit André Porlier. Elle a été testée et elle a été appliquée à plus de 300 villes.»

Seulement pour l’île de Montréal, près de 3 089 610 tonnes d’équivalents de gaz carbonique n’ont pas été dégagées en 2015 grâce aux réseaux de bus, de train de banlieue et de métro. La STM, de son côté, en a produit 158 000 tonnes, en baisse de 3,5% depuis 2011. Au final, pour chaque tonne de pollution produite par les installations gérées par la STM, une vingtaine d’autres tonnes d’équivalents de gaz carbonique ne sont pas relâchées.

Cette étude sur l’impact des services de transport collectif sur les efforts de réduction des GES ne sera pas réalisée à tous les ans, mais à une fréquence de quatre ou cinq, a expliqué M. Porlier. «Ça ne devrait pas bouger beaucoup d’année en année, a-t-il dit. Les modifications, on va les voir s’il y a des améliorations de services très significatives ou s’il y a des hausses d’achalandage.»

La STM et les autres sociétés de transport n’ont pas fermé à l’idée de fixer des cibles de réduction des émissions de GES. «Il y a une volonté de l’ensemble des partenaires de regarder des scénarios et éventuellement d’avoir des cibles, a dit le gestionnaire de la STM. On est maintenant outillé pour le faire.»

3 911 000 tonnes d’équivalents de Co2, ça représente quoi?

  •  C’est l’équivalent de 977 750 voitures conventionnelles qui roulent 20 000km par année (une seule de ces voitures émet quatre tonnes d’émissions de GES, d’après Équiterre). C’est presque la totalité du parc automobile de l’île de Montréal. La Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) dénombrait 938 079 véhicules immatriculés en 2015.

 

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