Métro La chef de Vrai changement pour Montréal, Justine McIntyre, avance que les trois oppositions à la Ville ont au moins en commun la volonté de s’éloigner du style de gestion et de leadership du maire de Montréal. «On n’aime pas le style autoritaire de Denis Coderre, le fait de ne pas être à l’écoute, de ne jamais être dans le consensus, de ne jamais venir chercher le compromis avec les partis de l’opposition», explique-t-elle.

Il y a du mouvement dans les trois principales oppositions de la Ville de Montréal et de possibles fusions de partis afin de former une force plus grande pourraient survenir d’ici la fin de l’année, en vue des élections de 2017.

Il y a quelques semaines, Vrai changement pour Montréal (troisième opposition) et Projet Montréal (opposition officielle) confirmaient que des discussions avaient eu lieu en vue d’une possible fusion des deux partis. La chef de Vrai changement, Justine McIntyre, et Projet Montréal ont toutefois confirmé à Métro que ces discussions étaient en ce moment mises sur pause, le temps de la course à la chefferie de Projet Montréal, qui se termine le 4 décembre. Les négociations devraient rapidement reprendre entre Mme McIntyre et le prochain chef de Projet Montréal dès que celui-ci sera élu, et ceux-ci pourraient même en venir à une entente d’ici la fin de 2016. Le tout devra par contre être approuvé par les membres en congrès au printemps, précise Projet Montréal.

«Je dois attendre de savoir qui sera le prochain chef, parce qu’il va donner sa couleur, son opinion, ses positions. Il va donner un nouvel alignement au parti, a expliqué Justine McIntyre. On devra voir si on peut trouver des valeurs communes entre nos partis», dit-elle, précisant qu’elle entretient ses «bonnes relations» avec les élus de Projet Montréal.

«Les ponts sont là, les mains sont tendues, précise Nathalie Goulet, présidente de Projet Montréal, qui confirme que l’attention est concentrée sur la course actuellement. C’est vraiment un de nos objectifs de rallier l’opposition face à Coderre, ça fait vraiment consensus dans le parti. Le prochain chef va certainement reprendre les discussions.»

Avant la mise en veille des discussions, Justine McIntyre avait été approchée et avait songé à se porter candidate à la chefferie de Projet Mont­réal, avec comme principale proposition de fusionner les partis, avant de décliner l’offre publiquement. «C’était un peu malcommode comme façon d’organiser une fusion entre des partis, c’était un peu inconfortable, entre autres pour mon parti», explique-t-elle.

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«Dans un contexte électoral, qu’est-ce que ça va prendre pour représenter une opposition forte? C’est peut-être d’unir les oppositions.» – Justine McIntyre, chef de Vrai changement pour Montréal

Les deux oppositions reconnaissent qu’une fusion des partis leur permettrait d’être plus forts à l’élection de 2017. Puisque les électeurs de Projet Montréal se trouvent principalement dans les quartiers centraux de l’île, alors que Vrai changement pour Montréal rejoint plutôt les électeurs de l’ouest, une fusion permettrait aux partis d’étendre leur portée, reconnaissent-ils.

Vrai changement pour Montréal a actuellement 7 élus, principalement concentrés dans l’ouest de Montréal, surtout Pierrefond et à l’Île-Bizard.

Projet Montréal a 25 élus, surtout concentrés dans les quartiers centraux, comme le Plateau, Rosemont et le Sud Ouest.

La gauche mise en garde
Pour Mme McIntyre, les «valeurs communes» que devront partager les partis pour en arriver à une entente sont principalement liées au leadership du parti et à la gouvernance de Montréal. «À quel point on pense que c’est approprié de taxer le citoyen? Quand on met de l’avant un projet, est-ce qu’on veut le faire publiquement ou présenter un projet déjà ficelé aux citoyens?» donne en exemple Mme Mc­Intyre, qui a pris la tête de Vrai changement l’an dernier, après la démission de Lorraine Pagé, devenue indépendante.

Elle croit qu’il peut y avoir plusieurs idéologies au sein d’un même parti, mais précise que, si le prochain chef de Projet Montréal fait prendre un virage encore plus à gauche au parti, il sera difficile pour elle de trouver un terrain d’entente. «Vrai changement n’est pas un parti de gauche, ni de droite. On est un parti qui veut représenter tous les Montréalais. Alors, si Projet Montréal décide de prendre un virage à gauche, ça va être plus difficile d’avoir un arrimage», prévient-elle, sans vouloir prendre position à l’égard des trois candidats en liste pour devenir le prochain chef.

Selon la chef de Vrai changement, plusieurs options sont sur la table quant à la forme que pourrait prendre la fusion des deux partis : un seul parti avec un seul chef, deux partis avec un chef, ou une collaboration entre les partis… Questionnée sur la possibilité de former un nouveau parti sous un autre nom, la présidente de Projet Montréal a quant à elle mentionné qu’elle «ne peut pas présumer de ce que les membres décideront».

Coalition Montréal impliqué
Justine McIntyre dit avoir aussi eu des discussions actives avec la deuxième opposition, Coalition Montréal. Il y a une semaine, son élu Russell Copeman, maire de l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, annonçait qu’il se joignait au parti du maire Denis Coderre. «On sait que, dans sa forme actuelle, le parti Coalition Montréal, fondé par Marcel Côté, ne sera pas présent à l’élection de 2017», avait commenté Laurent Blanchard, président de Coalition Montréal et ex-maire de la Ville, précisant que les électeurs de Coalition Montréal et de Vrai changement ne devaient pas être laissés orphelins.

«Si d’autres [élus de Coalition Montréal] souhaitent se joindre à l’équipe de Denis Coderre, ils ont intérêt à le faire rapidement, parce que ça empêche le parti de se positionner et d’avancer», avance Mme McIntyre.

Déjà, Réal Ménard, maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, a manifesté son intention de se présenter sous la bannière d’Équipe Denis Coderre en 2017. Il reste à connaître les intentions d’élus tels que Benoît Dorais, Elsie Lefebvre et Marvin Rotrand.

Projet Montréal aurait également eu quelques discussions informelles avec Coalition Montréal. «On reste ouverts, dit Nathalie Goulet. Dans une année préélectorale, il y a beaucoup de personnes en réflexion, et les partis se parlent toujours.»

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