THE CANADIAN PRESS Michael Applebaum.

MONTRÉAL — Un ancien attaché politique de Michael Applebaum a raconté mardi au tribunal qu’il avait porté un micro caché à quelques reprises, en 2013, afin de tenter d’obtenir pour la police des aveux de celui qui était alors maire par intérim de Montréal.

Mais les enregistrements entendus au procès pour fraude, mardi matin, indiquent que M. Applebaum ne s’est pas compromis par ses propos.

Hugo Tremblay s’était entretenu avec M. Applebaum à deux reprises en personne, puis une troisième fois au téléphone. M. Tremblay avait accepté de collaborer avec la police et il témoigne aujourd’hui pour la Couronne.

Michael Applebaum a plaidé non coupable à 14 accusations liées à la corruption, notamment pour fraude et abus de confiance. Les faits reprochés seraient survenus entre 2007 et 2010, période durant laquelle l’accusé était maire de l’arrondissement Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce.

La procureure de la Couronne Nathalie Kleber espère démontrer que ce vieux routier de la politique a accepté des pots-de-vin de promoteurs immobiliers de l’arrondissement en échange de faveurs politiques.

M. Tremblay avait soutenu lundi que l’argent amassé illicitement était partagé par M. Applebaum et lui-même.

M. Applebaum, aujourd’hui âgé de 53 ans, a été maire par intérim de Montréal de novembre 2012 à juin 2013, à la suite du départ de Gérald Tremblay.

Dans les trois conversations enregistrées par M. Tremblay, l’accusé demeure très prudent et soutient qu’il n’est au courant de rien. Lorsque son ex-attaché politique s’inquiète de l’enquête policière, M. Applebaum se fait rassurant et parle de chasse aux sorcières qui cible tout le monde.

«Pour pouvoir t’accuser, (ils) doivent voir l’argent», dit l’ex-maire dans la bande sonore captée durant sa deuxième rencontre avec M. Tremblay, avant d’ajouter que sans une telle preuve, les soupçons des policiers ne se résument qu’à «des mensonges, des conneries».

L’ex-attaché politique a fait remarquer que durant cette rencontre qui s’est déroulée au sous-sol de la résidence de Michael Applebaum, ce dernier avait tapé sur ses épaules et son cou comme pour chercher la présence d’un micro dissimulé. L’ancien maire savait, à ce moment, que M. Tremblay avait parlé aux policiers.

«Il se protégeait, il avait une méfiance, il avait toujours une phrase pour se protéger», a raconté l’ancien attaché politique.

Lors de leur troisième conversation enregistrée, l’accusé s’est toutefois montré surpris quand M. Tremblay lui a suggéré de coopérer à l’enquête de la police, laissant entendre qu’il ne savait pas que celui-ci communiquait avec les autorités.

«Si tu as fait quelque chose d’illégal, il faut que tu prennes des responsabilités», lui aurait-il alors conseillé, sans sembler être conscient des allégations qui pesaient contre lui-même.

C’est quelques semaines après cette dernière conversation que l’ex-maire par intérim a été arrêté.

Le témoignage de Hugo Tremblay se poursuit mercredi.

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