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MONTRÉAL — Le principal témoin de la Couronne au procès pour fraude de l’ex-maire par intérim de Montréal Michael Applebaum a indiqué, mercredi, que sa collaboration avec la police contre son ancien patron avait été difficile tant sur le plan physique que psychologique.

L’ancien chef de cabinet de Michael Applebaum, Hugo Tremblay, a cependant déclaré qu’il était déterminé à respecter son engagement, après avoir accepté de travailler avec les agents anticorruption.

Lors de la poursuite du contre-interrogatoire de M. Tremblay par la défense, le témoin a expliqué qu’il avait ressenti plusieurs émotions et qu’il avait même dû aller consulter à trois reprises un psychologue que lui avait référé la police.

M. Tremblay a confié qu’il était triste lorsque sa dernière tentative d’enregistrer des propos incriminants de Michael Applebaum, en 2013, ne s’était pas déroulée aussi bien que prévu, ce qui avait déçu la police.

Ce dernier essai avait eu lieu par téléphone, et M. Tremblay avait dit aux policiers qu’il était trop scénarisé pour fonctionner, puisque Michael Applebaum faisait preuve d’une extrême prudence.

L’avocat de la défense, Pierre Teasdale, a demandé à Hugo Tremblay pourquoi il était allé de l’avant si la situation lui avait causé des problèmes de santé, un conflit de valeurs et un stress extrême. Le témoin a répondu qu’il avait signé une entente pour aider la police et qu’il était déterminé à aller jusqu’au bout.

«L’esprit humain est complexe», a-t-il admis.

Michael Applebaum a plaidé non coupable à 14 accusations liées à la corruption, notamment pour fraude et abus de confiance. Les faits reprochés seraient survenus de 2007 à 2010, période durant laquelle l’accusé était maire de l’arrondissement Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce.

La Couronne allègue que Michael Applebaum, qui est par la suite devenu maire de Montréal par intérim en 2012-2013, utilisait Hugo Tremblay pour accepter des pots-de-vin, en échange de faveurs accordées à des promoteurs immobiliers et des firmes de génie-conseil.

Me Teasdale a mis l’accent sur la relation qui s’est développée entre M. Tremblay et un détective de la Sûreté du Québec après qu’il eut accepté de collaborer. Il a interrogé le témoin au sujet du grand nombre de messages textes échangés entre les deux hommes, alors que M. Tremblay portait un micro pour aider la police à monter un dossier contre Michael Applebaum.

À un certain moment, Hugo Tremblay s’est plaint par message texte de la pression qu’il ressentait, et l’enquêteur lui a simplement répondu: «Tu fais partie de l’équipe.»

Hugo Tremblay, qui était à la barre pour la troisième journée, a confié qu’il avait eu de la difficulté à accepter ce qu’il faisait et que discuter régulièrement avec un enquêteur l’aidait à faire face à la situation.

M. Tremblay a ajouté qu’il était trop occupé par cette affaire et qu’il n’avait pas, au départ, accepté de passer le test du polygraphe, mais il a indiqué mercredi qu’il était prêt à le faire aujourd’hui, pour prouver sa version des faits.

Le procès, qui s’est amorcé lundi, devrait durer au moins deux semaines.

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