Graham Hughes Graham Hughes / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Témoignant de la tradition montréalaise d’excellence dans le secteur de l’intelligence artificielle, le géant américain Google investit 4,5 millions $ sur trois ans dans l’Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal.

La métropole québécoise s’est taillé une réputation de leader mondial dans ce secteur, grâce au travail de pionniers comme le professeur Yoshua Bengio, de l’Université de Montréal, qui a attiré à son institut les plus brillants esprits jonglant avec ces technologies, et le financement des plus grandes entreprises.

En plus de son investissement, Google crée aussi un groupe de recherche sur l’intelligence artificielle à ses propres bureaux de Montréal.

Le gouvernement fédéral a annoncé récemment un investissement de plus de 200 millions $ dans trois universités montréalaises afin de créer un pôle d’innovation et d’apprentissage dans le secteur de l’intelligence artificielle et des mégacentres de données.

Shibl Mourad, directeur du génie informatique aux bureaux montréalais de Google, explique que l’entreprise espère en effet participer à cet effort visant à faire de Montréal un «super pôle» de l’intelligence artificielle, qui attirera des investisseurs privés, soutiendra la recherche et produira des entreprises en démarrage.

Le professeur Bengio espère que les investissements annoncés à Montréal permettront d’endiguer l’exode de cerveaux dans ce secteur. Il se réjouit d’ailleurs qu’Hugo Larochelle, Montréalais d’origine, revienne chez lui pour diriger le nouveau groupe de recherche sur l’intelligence artificielle chez Google. M. Bengio aimerait aussi que des chercheurs de partout dans le monde viennent s’installer à Montréal.

Cette réputation montréalaise d’innovation et d’excellence, selon M. Mourad, est attribuable en bonne partie au professeur Bengio et à ses collègues, dont les travaux depuis une dizaine d’années ont procuré à Montréal une avance indéniable sur ses concurrents.

N’eût été l’engagement personnel de ces chercheurs, qui y ont consacré 10 ans de leur vie, «on ne serait pas rendus là aujourd’hui», estime M. Mourad.

Le laboratoire dirigé par le professeur Bengio est l’un des plus importants dans le monde à se consacrer à l’«apprentissage profond», l’un des fondements de l’intelligence artificielle. Depuis dix ans, ces chercheurs ont découvert qu’en créant plusieurs couches de «réseaux neuraux», on cherche à imiter le fonctionnement du cerveau humain. Les programmes informatiques peuvent alors «apprendre» eux-mêmes à résoudre des problèmes complexes: en analysant une grande quantité de cas, le programme peut ensuite identifier des tendances.

Cette recherche fondamentale a permis ensuite des percées, notamment dans des programmes de traduction automatique, d’assistance personnelle, de caméras «intelligentes» et de véhicules sans conducteur, indique le professeur Bengio.

«Un jour, on n’aura qu’à communiquer avec l’ordinateur et il comprendra ce qu’on veut, ce dont on a besoin», explique-t-il.

L’intelligence artificielle offre aussi des applications intéressantes en médecine, notamment pour analyser les énormes quantités d’information contenue dans le génome humain.

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