TC Media/Josie Desmarais L'Hôtel de Ville de Montréal

Pas facile de digérer la tonne de chiffres dévoilée dans un budget de 350 pages aussi touffu que celui de la Ville de Montréal. Métro a donc concocté un petit digestat comptable, histoire d’épater vos collègues de bureau ou d’expliquer à vos enfants pourquoi Père Noël sera un peu moins généreux cette année.

Hausse des taxes
Elle sera en moyenne de 1,7% en 2017 dans le secteur résidentiel. Comme d’habitude, depuis au moins 10 ans, le maire en poste prétend que cette hausse suivra l’inflation, en se basant sur des prévisions du Conference Board du Canada qui se trompe tout aussi régulièrement. L’année dernière, le maire Denis Coderre avait ainsi déclaré que la hausse de 1,9% en 2016 serait identique à l’inflation. Pourtant, si la tendance se maintient, l’inflation sera de seulement 0,7% à Montréal cette année. Bref, si les hausses de taxes annoncées depuis 2006 avaient vraiment suivi l’inflation, le compte de taxes moyen d’un Montréalais serait aujourd’hui de 2453$ et non pas de 2680$, soit un beau vélo de moins pour fiston à Noël.

Déneigement
Même si le déneigement (158M$ en 2017) coûtera 6M$ de moins qu’en 2016, notamment grâce à une centralisation des contrats par la ville-centre, déneiger 1km de rue a coûté 2,7 fois plus cher à Montréal qu’à Ottawa, selon l’Ontario Municipal Benchmarking Initiative (OMBI). Pourtant en 2015, Ottawa n’a reçu que 12cm de neige de moins. C’est parce que Montréal déblaie tout son réseau à partir de 2,5cm de neige et charge la neige à partir de 10 à 15cm d’accumulation, alors que dans plusieurs villes comme Ottawa ou Toronto, il y a une gradation selon l’importance du réseau. Ainsi, dans les petites rues, le déblaiement débute là-bas à 5cm de neige tombée et le chargement à 30cm d’accumulation.

Chère police
Le budget du SPVM diminuera de 7,4M$ en 2017. Malgré tout, depuis 2006, la police montréalaise représente toujours 13% du budget de la Ville, alors que la criminalité est en baisse constante depuis plusieurs décennies. Selon les données de l’OMBI, en 2015, chaque policier coûtait 388$ par habitant, en baisse de 8% depuis 2013. Pour tenter de diminuer encore la note, la Ville devra tenter de réduire le nombre de policiers, ce qu’elle peine à faire. Il y a dix ans, le SPVM comptait 5426 personnes (policiers et civils). En 2017, ce sera 5502. La Ville n’arrive pas non plus à renégocier la convention collective qui stipule que la surveillance des intersections aux abords des chantiers est dévolue aux policiers payés autour de 60$ de l’heure.

Diminuer les effectifs

Entre 2014 et 2018, le maire veut réduire la fonction publique municipale de 2200 postes. Pas facile de mettre en œuvre le Plan quinquennal de main d’œuvre. En effet, pour tenir le rythme, cela suppose de diminuer de 440 postes par an. Pourtant, la Ville arrive au mieux à remplir la moitié de ses objectifs jusqu’ici. En 2017, elle ne prévoit une réduction de main d’œuvre que de 99 personnes.

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