Ryan Remiorz Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

LAVAL, Qc — Le maire de Laval, Marc Demers, s’est montré satisfait de l’entente survenue entre la Ville et Gilles Vaillancourt, mais il se dit «inconfortable» avec le fait qu’une partie de la somme récupérée devra être versée à Revenu Québec.

L’ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt a plaidé coupable, jeudi, à trois chefs d’accusation de fraude, complot pour fraude et abus de confiance. Il rembourse également 8,5 millions $ en plus de transférer la propriété de son condo à la Ville.

Les faits reprochés portent sur la période entre le 1er janvier 1996 et le 30 septembre 2010 et la fraude totale serait de plusieurs dizaines de millions de dollars. Des montants qui seront remboursés, 1 678 000 $ ont déjà été transférés au Directeur des poursuites criminelles et pénales dans un compte en fidéicommis. Un autre 5 230 000 $ est présentement en transfert de comptes en Suisse vers le DPCP.

En conférence de presse, après l’annonce du plaidoyer, M. Demers a précisé qu’il s’était montré ouvert à négocier avec Gilles Vaillancourt, au printemps dernier, mais qu’il souhaitait d’abord «être convaincu» que celui-ci mettrait tous ses actifs sur la table. Cela étant fait, il a accepté les engagements de remboursement pris par l’ex-maire.

«Ces conditions-là étaient essentielles, je ne voulais pas être appelé à courir après ces actifs-là», a-t-il expliqué.

«Parce que la prémisse est la suivante: les dommages causés par la collusion et la corruption à la ville de Laval dépassent de beaucoup la capacité de payer de M. Vaillancourt», a-t-il ajouté.

M. Demers s’est déclaré convaincu d’avoir obtenu «le maximum d’argent possible, avec un minimum de frais, à cause de la collaboration de M. Vaillancourt».

Le maire de Laval s’est cependant retrouvé dans une situation délicate lorsqu’il a appris que Revenu Québec réclamait 1,8 million $, sur la somme provenant des comptes suisses.

Il a donc écrit au premier ministre Philippe Couillard pour lui manifester son inconfort devant cette situation et affirme attendre toujours sa réponse.

«Pour être bien terre à terre, je trouve ça anormal, aberrant que le ministère du Revenu, par ses pouvoirs, vienne taxer les citoyens de Laval 1,8 million $ parce qu’ils ont été victimes de collusion et de corruption. C’est un enjeu qui reste à être clarifié», a-t-il dit.

M. Demers a indiqué qu’en attendant une éventuelle réponse du premier ministre, la Ville s’est engagée à remettre cette somme à Revenu Québec et que le conseil municipal sera appelé à se prononcer à ce sujet en janvier.

Le maire s’est aussi montré ouvert à négocier avec les autres acteurs du système de corruption orchestré par Gilles Vaillancourt.

«C’est sûr que ça envoie un signal fort à tous ceux qui se posent des questions. M. Vaillancourt a collaboré, j’espère que ça va en inspirer d’autres et qu’on pourra arriver à un règlement le plus tôt possible», a dit Marc Demers.

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