MONTRÉAL — La Gendarmerie royale du Canada (GRC) n’a pas ménagé ses efforts pour piéger le suspect de terrorisme Ismaël Habib, dont le procès en était à son neuvième jour, jeudi.

Le Québécois, soupçonné d’avoir voulu participer à des activités terroristes, a été la cible d’une opération policière complexe, a raconté un policier de la GRC, au palais de justice de Montréal.

Il a présenté à la cour les 22 scénarios utilisés par des agents infiltrés pour obtenir des aveux de l’homme de 29 ans.

Ismaël Habib a finalement été accusé en mars dernier d’avoir tenté de quitter le pays afin de participer aux activités de Daech (le groupe armé État islamique).

Cette accusation avait été ajoutée au Code criminel en 2013 et est associée à une peine maximale de 10 ans de prison.

Ismaël Habib est également accusé d’avoir fait une fausse déclaration dans le but d’obtenir un passeport.

Son avocat, Charles Montpetit, a signalé son intention de contester l’admissibilité de la preuve, suggérant qu’elle a été obtenue par le biais de la technique «Mr. Big». Cette stratégie est mise en oeuvre par des enquêteurs lorsqu’ils prétendent être des criminels.

La Cour suprême avait tranché en 2014 qu’une telle tactique ne pouvait être utilisée que sous des conditions strictes, jugeant qu’elle produit souvent de fausses confessions.

Ismaël Habib est passé aux aveux en février dernier, alors qu’il était filmé à son insu. Il avait alors confié à un agent d’infiltration, qui se posait en chef criminel, qu’il comptait joindre les rangs de Daech en Syrie.

Le policier fédéral derrière l’opération a expliqué en cour que son objectif était d’obtenir une confession sans menaces, en faisant en sorte que l’échange se déroule dans un environnement rassurant que le suspect pouvait quitter à tout moment.

Jeudi, l’agent a détaillé toutes les manoeuvres entreprises pour gagner la confiance d’Ismaël Habib.

Des agents d’infiltration lui ont notamment prêté main-forte dans sa quête de passeports contrefaits.

Le juge Serge Delisle, de la Cour du Québec, entendra les arguments de la défense quant à l’inadmissibilité de la preuve après la clôture de la preuve de la Couronne.

Ismaël Habib est détenu depuis février 2016 à Gatineau, après avoir été arrêté pour une affaire de violence conjugale sans lien avec les accusations de terrorisme.

Si le procès ne devait s’étirer que sur deux semaines, il ne se conclura sûrement pas vendredi, alors que la défense doit entamer son contre-interrogatoire.

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