Mario Beauregard/Métro

Plus de 200 enfants vivant en famille d’accueil ont reçu dimanche un cadeau de Noël provenant de la caverne d’Ali Baba.

Préparation

Mercredi, 10 h. Au Centre jeunesse Dominique Savio, à Ahuntsic, des dizaines d’intervenants de centres jeunesse entrent et sortent de la caverne d’Ali Baba, l’impressionnant «magasin» de jouets de la Fondation du Centre jeunesse de Montréal.

Cette fondation permet chaque année à environ 13 000 jeunes dont les parents peinent à s’occuper d’eux de réaliser quelques rêves: suivre des cours de natation, assister à un spectacle, aller au cégep. Dans le temps des Fêtes, c’est d’avoir des cadeaux.

Depuis six ans, ces cadeaux passent par ladite caverne, mise sur pied par la bénévole Elena Restrepo. Cette dernière amasse toute l’année des dons sous forme de cadeaux neufs et s’assure qu’il y en a pour tous les groupes d’âge. Elle achète les items manquants avec les dons en argent. Tout est ensuite soigneusement classé dans une grande pièce à l’abri des regards des enfants.

«Ici, c’est la section pour bébés. Ensuite on a les livres, les poupées, les figurines, les autos, les jeux de société, le bricolage, la science, la section pour ados, les bijoux, les emballages cadeaux, explique Mme Restrepo. De 400 à 500 intervenants viennent prendre ce dont ils ont besoin pour les jeunes qu’ils encadrent.»

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Rachel Létourneau, éducatrice en réadaptation, est arrivée à la caverne avec la liste de cadeaux de neuf garçons de 6 à 12 ans hébergés au centre jeunesse. «Ils veulent presque tous des voitures téléguidées, des ballons de sport, des Lego ou des jeux électroniques», remarque-t-elle.

L’éducatrice estime que la réception d’un cadeau est un moment important pour les enfants. «Ils sont vraiment très contents. Certains sont même mal à l’aise, parce qu’ils n’ont jamais rien reçu dans leur vie», rapporte-t-elle, repartant satisfaite avec des sacs pleins de jouets.

Dans le fond de la pièce, Johane Bélanger, Louise Landry et Gabrièle Simard replongent en enfance devant les étalages de poupées. «Il y a beaucoup de choix! C’est difficile de décider», se réjouit Mme Simard.

Avec ses deux acolytes, elle doit sélectionner environ 215 cadeaux pour les jeunes vivant en famille d’accueil. «Regarde ça, un service de thé! À cinq ans, tu gères ça», s’exclame Mme Bélanger.

Elles donnent rendez-vous à Métro dimanche, à la fête de Noël de l’Association démocratique des ressources à l’enfance du Québec (ADREQ), au cours de laquelle les cadeaux seront remis aux enfants en famille d’accueil.

Distribution

fete de noel du ciusss

Dimanche, midi. Après avoir attendu longtemps en file, Loïc* a finalement reçu des mains du père Noël un modèle réduit de motocyclette à monter lui-même.

«Je suis content. C’est le fun de recevoir des cadeaux. J’aime aussi voir d’autres enfants qui sont dans la même situation que nous», a commenté le jeune garçon.

Sa sœur Vicky* était également heureuse de prendre part à la fête. «C’est bien de passer du temps avec d’autres enfants qui ont des problèmes de famille. On voit qu’on n’est pas les seuls à vivre ça, a confié celle qui a reçu du maquillage en cadeau. Comme on n’habite pas avec notre mère, on ne la voit pas si souvent.»

Loïc et Vicky vivent dans la famille d’accueil de Micheline, alias Mimi, avec leur sœur et deux autres enfants. Leur développement aurait été compromis s’ils étaient restés en résidence avec leur mère biologique. Ils devraient rester chez Mimi jusqu’à leur majorité.

La vie en famille d’accueil n’est pas toujours rose. Mimi estime que l’aînée, Laurence*, avait très peu confiance en elle lorsqu’elle est arrivée chez elle, il y a deux ans, pour être réunie à son frère et à sa sœur. Laurence a d’ailleurs confié à Métro qu’elle avait eu peur d’être abandonnée par ses précédentes familles d’accueil, ce qui n’est pas le cas avec Mimi. «Elle nous aime comme si on était ses propres enfants», a-t-elle affirmé.

Mais Mimi a beau les aimer et recevoir une rémunération de la part du gouvernement, elle estime que le soutien de la Fondation pour encourager leur succès scolaire et social est nécessaire. «On ne peut pas tout payer, comme des cours d’équitation ou du tutorat», a-t-elle indiqué.

L’aide de la Fondation permettra également à ces jeunes de recevoir des cadeaux que leur remettra directement leur mère, qui les aime et qu’ils aiment, à Noël.

* Noms fictifs pour protéger l’identité des enfants

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