(Photo d’archives) Mission Bon Accueil combat l'itinérance, la pauvreté, l'exclusion sociale et la faim depuis 1892.

Depuis lundi, la Mission Bon Accueil est désormais dirigée par le consultant Samuel Watts, qui a pris la relève de Cyril Morgan. Ce dernier qui tenait les rênes de l’organisme depuis 2004 a décidé de prendre sa retraite. Métro s’est entretenu avec le nouveau président-directeur général de la Mission Bon Accueil qui s’est notamment donné le défi de «mettre fin à la faim».

photo_sam_wattsVous avez été consultant pendant une trentaine d’années. Vous avez conseillé de entreprises pour qu’elles améliorent leur performance et qu’elles deviennent plus efficaces. Qu’est-ce qui vous a attiré dans un organisme comme la Mission Bon Accueil?
J’étais tout à fait confortable avec ce que je faisais auparavant. J’ai toujours été impliqué pour les personnes dans le besoin. J’ai aidé beaucoup d’organismes à but non-lucratif comme consultant. Mission Bon Accueil, c’est comme le Canadien de Montréal. C’est un organisme qui est en place depuis 1892. J’ai reçu un appel d’un membre du conseil d’administration il y a environ un an et je ne pouvais pas dire non. L’idée de venir en aide aux gens dans le besoin, ça m’a attiré.

Avez-vous des projets particuliers pour la Mission Bon Accueil?
M. Morgan a laissé la Mission dans un très bon état financièrement. J’ai un dossier dans lequel il y a une vingtaine de projets. Le défi, c’est de bien choisir les projets. Pour le moment, la chose qui m’a frappée, c’est de voir le grand nombre de pauvres à Montréal. Ce sont des gens qui travaillent, mais qui ne sont pas capables de [boucler leur budget]. On se retrouve avec des familles qui ont besoin de nourriture parce que l’argent qu’elles gagnent sert à payer le loyer, mais pas plus. J’aimerais mettre fin à la faim. On est capable. Il y a assez de nourriture à Montréal pour que tout le monde puisse manger trois repas par jour. Ce n’est pas un problème de manque de nourriture. C’est un problème de distribution.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, disait ce week-end qu’avec le statut de métropole, la Ville sera en mesure d’en faire davantage pour les itinérants. Avez-vous des attentes particulières envers la Ville de Montréal ?
La Ville de Montréal est une excellente partenaire. On est toujours en discussion avec eux. Je suis convaincu que M. Coderre et son comité exécutif sont très sérieux avec des plans pour combattre l’itinérance. C’est pas quelque chose de facile parce que cette année, on a réussi à sortir environ 200 personnes de la rue, mais dans le mois de novembre, j’ai eu 50 nouveaux clients.

Quelle est votre explication à l’arrivée de ces cinquante nouvelles personnes dans la rue ?
Je ne peux pas l’expliquer. On cherche la réponse. C’est certain qu’un des facteurs, c’est la drogue et l’alcool, mais il y a aussi des difficultés familiales. On trouve aussi beaucoup de jeunes dans la rue. Il va falloir trouver des solutions. Il y a trop de personnes qui tombent entre deux chaises.

Mission Bon Accueil en chiffres

  • 150 employés
  • 3500 familles aidées à chaque mois par la banque alimentaire
  • 80 063 nuitées d’hébergement enregistrées par année
  • 18,3M$ en revenus en 2015

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