Josie Desmarais La propriétaire du café Sfouf se plaint des hausses de taxes abusives pour certaines petits commerces par rapport aux bannières connues.

Le «déséquilibre fiscal» actuel mettrait en péril la pérennité des petits commerçants à Montréal, dénonce Projet Montréal.

«Les petits commerces paient actuellement pour les grandes bannières», a dénoncé Valérie Plante, chef de Projet Montréal, au cours d’une conférence de presse mardi matin. Chiffres en main, l’opposition officielle évoque des hausses de taxes allant jusqu’à 12% pour de nombreux commerces indépendants, alors que d’importantes chaînes commerciales ont vu cette même variation être revue à la baisse.

Calculé en fonction de la valeur foncière, qui cumule la valeur du terrain et du bâtiment, ce compte de taxe a été réévalué en novembre dernier. Le maire Denis Coderre avait notamment indiqué que l’augmentation de la charge fiscale des immeubles non-résidentiels serait limitée à 0,9%.

«Dans les faits, c’est faux. C’est ce qu’on appelle de la comptabilité créative», reprend Valérie Plante, citant l’exemple du Café Sfouf, situé sur la rue Ontario, dans Ville-Marie.

«C’est injustice et incompréhensible»
Pour ce commerce ouvert en septembre 2014, les taxes du bâtiment au complet (14 logements et 2 commerces) ont augmenté de 742$, soit environ 5%. Mais compte tenu du type d’immeuble (mixte, résidentiel et commercial) et du type de baux signés, les hausses de taxes sont absorbées par les deux commerçants locataires et par le propriétaire, mais pas par les locataires résidentiels. «C’est pour cela que sur les artères commerciales, les commerçants locataires, qui ont des logements au dessus de leur boutique, sont bien plus affectés par la hausse du marché», explique Glenn Castanheira, de Projet Montréal.

Propriétaire de ce café, Gaby Kassas, qui avoue ne toucher qu’un «mini salaire» de 20 000$, se montre perplexe. «C’est injuste et incompréhensible. J’ai envie d’aider au développement du quartier, mais l’administration nous met des bâtons dans les rues», explique-t-elle, pointant du doigt notamment une station-service voisine, qui connaît quant à elle une baisse de 1200$ de ses taxes.

Projet Montréal reproche au maire Coderre un manque de moyens pour les petits commerces dans le cadre du nouveau statut de Métropole.  «Il a promis de nouveaux outils au niveau fiscal, mais c’est un échec lamentable. Il n’y a absolument rien qui viendrait contribuer à moderniser les outils fiscaux», affirme Valérie Plante.

«De la pure démagogie»
En réponse, le cabinet du maire Coderre indique qu’il n’y a aucun lien entre les bannières et les comptes de taxes. «Projet Montréal fait de la pure démagogie ou a une compréhension « créative » de la fiscalité montréalaise», écrit le service de communication dans un courriel, soulignant que cette augmentation des charges fiscales ne représente que «la moitié de l’augmentation pour le résidentiel».

L’administration municipale précise que le statut de Métropole donnera «des pouvoirs accrus» à la Ville pour «adopter des programmes d’aide aux entreprises montréalaises.»

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