Romain Schué/Métro

Aucun engin explosif n’a été trouvé par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) après l’alerte à la bombe qui a forcé l’évacuation de trois bâtiments de l’Université Concordia au centre-ville de Montréal mercredi matin.

«Toutes les recherches ont été faites, tous les endroits ciblés ont été fouillés et ça s’avère négatif. Rien n’a été trouvé», a indiqué le porte-parole du SPVM, Benoit Boisselle, vers 14h30.

Ces recherches ont fait suite à une lettre envoyée à des médias et signée par un groupe du nom de Conseil des citoyens conservateurs du Canada. Celui-ci a menacé de faire exploser des bombes ciblant des personnes de confession musulmane, alors que l’Université organisait au même moment une semaine de sensibilisation à l’Islam.

Dans cette lettre, dont Métro a obtenu copie, il est suggéré que des bombes artisanales détoneront dans les bâtiments EV et Hall, au cours de la semaine. Dans la missive, on peut lire que «depuis la nomination du Président Trump, les choses ont changé. Nous ne tolèreront plus votre comportement.»

Certaines habitudes de vie des étudiants musulmans de l’université y sont entre autres, dénoncées par ce groupe qui «n’est pas associé au Parti conservateur du Canada», est-il écrit dans la lettre.

Aucune menace par le passé
«Je suis choqué et surpris», a déclaré le recteur de l’Université Concordia, Alan Shepard, précisant qu’aucune menace n’avait jamais été envoyée, par le passé, à l’institution qui accueille 46 000 étudiants.

Ce dernier a trouvé «honteux» de s’attaquer, à travers ces mots, à la communauté musulmane. «Nous sommes une grande université, très inclusive, très accueillante. Tout le monde est le bienvenue ici.»

Présente sur place, la ministre provinciale de l’Enseignement supérieur a évoqué un «acte criminel». «Cette université est un modèle de vivre ensemble», a clamé Hélène David.

Aucune personne n’a encore été arrêtée, a affirmé le SPVM, précisant que la sécurité des lieux sera renforcée durant les prochains jours. L’enquête a été transférée à la section des crimes majeurs.

L’Université Concordia a rouvert ses portes à 18h.

«Une réelle peur»

Cette lettre de menace intervient quelques semaines après l’attentat visant une mosquée de Québec le 29 janvier dernier, causant la mort de six personnes.

Coprésident de l’Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec (AMAL-Québec), Haroun Bouazzi évoque un climat tendu. «Plusieurs mosquées ont été vandalisées le mois dernier, puis il y a cette lettre. Au lieu de se calmer, ces phénomènes haineux se multiplient C’est sûr, la communauté musulmane vit dans une réelle peur et on a du mal à être optimiste», déplore le porte-parole de l’organisme.

Celui-ci explique également recevoir de plus en plus de «plaintes de personnes qui se font insulter dans la rue». «Je n’en ai jamais vu autant», s’indigne Haroun Bouazzi.

Dans un communiqué, la communauté juive a déclaré «condamner fermement» cette alerte à la bombe et «se montre solidaire de ses concitoyens musulmans».

«Nous ne pouvons pas permettre que la paix de nos communautés soit perturbée par des menaces de violence », a écrit le président de la Fédération CJA, Evan Feldman.

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