Josie Desmarais/Métro Azam Jabbari et sa fille aînée, Sepideh

Installée légalement au Canada, une mère montréalaise, originaire d’Iran, supplie le gouvernement québécois de faire rapatrier son fils adoptif coincé dans son pays d’origine en raison d’un imbroglio administratif.

En regardant une courte vidéo de son fils enregistrée quelques jours plus tôt en Iran, Azam Jabbari a les larmes aux yeux. «Il me manque», a-t-elle bredouillé en anglais lundi, la voix marquée, assise aux côtés de sa fille aînée, Sepideh, âgée de 22 ans et étudiante à l’Université Concordia, et d’Amir Khadir.

Le député de Mercier, originaire d’Iran lui-aussi et contacté en mars 2016 par le couple résidant dans le quartier de Notre-Dame-de-Grâce, semble être «le dernier recours» pour cette famille qui a immigré à Montréal en avril 2014, en tant que nouveaux résidents permanents.

L’élu en appelle au pouvoir discrétionnaire de Kathleen Weil, ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI), pour l’obtention «urgente» d’un Certificat de sélection du Québec (CSQ) «pour des motifs humanitaires» avant vendredi, date limite fournie par Ottawa pour soumettre ce document qui permettrait au petit Peiman, 10 ans, de retrouver les siens.

Une adoption pour le sauver de la rue
Cette démarche n’est pas la première lancée par cette famille iranienne, qui a débuté une procédure d’immigration en 2010, par choix de vie, deux années avant de faire la connaissance de Peiman.

Âgé alors de 6 ans, ce dernier avait été aperçu par le couple, errant et mendiant dans la rue, visiblement abandonné par des parents biologiques sujets à des problèmes de consommation. Un constat appuyé par le grand-père de l’enfant, qui a témoigné dans ce sens lors de la demande d’adoption.

Problème, ce jugement final n’intervient qu’en février 2015, soit 10 mois après l’arrivée d’Azam Jabbari au Canada, qui venait d’obtenir sa résidence permanente et de débuter un travail dans le domaine de l’import-export. Le père, Reza Bahrami, était quant à lui resté en Iran dans l’attente de cette adoption.

«Cette famille est établie ici et elle travaille. Il serait judicieux d’accepter sa demande. Ça fait déjà trop longtemps qu’ils sont séparés de leur enfant.» – Amir Khadir

Des lois différentes entre le Québec et lIran
Le couple pense alors rapatrier leur fils adoptif, par le biais d’un parrainage, avant de se heurter à un rejet administratif, la loi québécoise ne reconnaissant pas l’adoption telle qu’acceptée par l’Iran. «La garante [la mère] avait déjà immigré au Québec, [….] ce qui signifie que l’adoption devait s’effectuer par l’intermédiaire d’un organisme agréé», a écrit notamment la juge Hélène Beaumier, dans un jugement rejetant définitivement cette demande, le 9 juin 2016.

Cette dernière reconnaît néanmoins «l’absolue bonne foi» et l’«engagement sincère et entier» du couple «à l’endroit de cet enfant à qui ils veulent offrir un foyer et les meilleures chances de réussite», l’invitant même à «emprunter l’avenue d’une demande pour motifs humanitaires».

Alors que son mari partage son temps entre l’Iran et Montréal pour s’occuper de Peiman avant de le confier, par intermittence, à des amis du couple afin de respecter l’obligation de vivre un minimum de deux années au cours d’une période de cinq ans pour conserver son statut, Azam Jabbari soupire.

«Mon mari prend soin de lui, mais Peiman me demande tout le temps pourquoi est-ce qu’il ne peut pas venir, a-t-elle révélé lundi. Je n’en peux plus d’attendre. On veut trouver une solution.»

Le cabinet de la ministre Kathleen Weil a indiqué à Métro «suivre ce dossier de près», ne souhaitant pas commenter davantage «ce cas particulier».

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