Chantal Levesque Îlot Saint-Laurent

Une importante portion des pierres de l’îlot Saint-Laurent, cet ensemble de bâtiments de valeur patrimoniale, est en piètre état, à tel point que leur conservation n’est pas envisageable.

C’est ce que soutient le président de la Société de développement Angus (SDA), Christian Yaccarini. «À peu près 40 % des pierres sont trop effritées pour pouvoir être utilisées», affirme-t-il, en entrevue à TC Media.

En 2012, les pierres de la devanture de ces bâtiments, bordés par les rues Sainte-Catherine et Clark, le boulevard Saint-Laurent et le Monument-National, avaient été démantelées, répertoriées, puis en­treposées. L’objectif était de reconstruire de la façon la plus fidèle possible la façade des immeubles et de l’intégrer au projet de revitalisation du Carré Saint-Laurent de la SDA.

Construit majoritairement à la fin du XIXe siècle, l’îlot Saint-Laurent a une valeur patrimoniale reconnue par le ministère de la Culture depuis les années 1970. Toutefois, après des décennies de mauvais soins par leurs nombreux propriétaires, les bâtiments ont dépéri à un point tel que le Service de sécurité incendie de Montréal avait publié un rapport en 2011 dans lequel il rapportait les risques élevés que ceux-ci posaient pour la sécurité du public et des pompiers. La Ville de Montréal avait alors délivré un ordre de démolition à l’endroit de la SDA, propriétaire des bâtiments.

Pour discuter de la préservation de l’îlot Saint-Laurent, le président de la SDA rapporte qu’une rencontre devra avoir lieu dans les prochains jours avec le ministère de la Culture et Héritage Montréal pour déterminer le sort des pierres utilisables.

Le ministère de la Culture confirme que cette rencontre était prévue, mais indique qu’aucune date n’avait encore été déterminée. «Nous allons nous assurer d’établir une collaboration entre tout le monde afin de pouvoir procéder aux prochaines étapes du projet», explique Karl Filion, attaché de presse du ministre de la Culture, Luc Fortin.

Sauver la trame urbaine
La nouvelle n’est pas sans attrister Dinu Bumbaru, directeur des politiques pour Héritage Mont­réal, organisme qui se porte à la défense des lieux et des bâtiments de valeur patrimoniale. «La conservation du boulevard Saint-Laurent est un problème qu’il faut aborder de façon responsa­ble», souligne M. Bumbaru. Celui-ci affirme que cette trame urbaine est de plus en plus fragile, rappelant l’incendie de l’édifice Robillard, un immeuble situé un peu au sud de l’îlot, dans le Quartier chinois, qui a été la proie des flammes en novembre 2016. Il s’agissait du bâtiment dans lequel avait été fondé le tout premier cinéma du Canada, à la fin des années 1890.

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