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Le profilage racial est un phénomène en croissance au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), avancent des organismes du milieu. Un parti de l’opposition municipale d’apprête d’ailleurs à réclamer une politique pour lutter contre ce problème.

«Il faut absolument agir, la situation est inquiétante», soupire lundi matin Fo Niemi, le directeur du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR). Ce dernier évoque les 23 plaintes que son organisme a reçues depuis le début de l’année. Les secteurs de Montréal-Nord, Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Lachine, LaSalle, Rivière-des-Prairies, Saint-Michel et Pierrefonds-Roxboro seraient particulièrement visés, selon lui.

«Habituellement, on en reçoit seulement une ou deux par mois, reprend M. Niemi. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg, beaucoup de personnes qui se font arrêter abusivement par des agents de police n’osent pas parler.»

À ses côtés, Pharaoh Hamid-Freeman, directeur de Desta, un organisme situé dans la Petite-Bourgogne qui vient en aide aux jeunes de 18-35 ans, multiplie les exemples d’incidents s’étant produits récemment. «On veut donner une seconde chance à ses jeunes, mais avec ces pratiques, c’est très difficile, dit-il. Il y a un vrai problème et personne ne fournit la moindre statistique officielle pour que l’on puisse identifier ce problème et le combattre.»

«Le lien de confiance se brise»
Réclamer des chiffres, un plan d’action clair du SPVM et le détail des formations et sanctions données aux agents, telles sont les demandes de Vrai changement pour Montréal, le troisième parti de l’opposition municipale. Mardi, celui-ci présentera une motion à l’ensemble des élus de l’hôtel de ville afin de s’attaquer «à ces écarts de conduite.»

«Si on regarde individuellement chaque cas, on peut penser que c’est isolé. Mais en réalité, il y a un réel problème», soutient Justine McIntyre, la chef du parti.

En février dernier, comme le révélait Métro, un juge montréalais avait dénoncé un cas de profilage racial au SPVM. Début avril, le boxeur Custio Clayton s’était lui-aussi dit victime d’une telle pratique après une arrestation musclée.

«Des agents communautaires font du très bon travail sur le terrain, mais après chaque incident, le lien de confiance se brise et un sentiment de défiance s’installe, affirme Mme McIntyre, qui interpelle également la Commission de la sécurité publique. «Elle doit se pencher sur cette question et demander au SPVM de fournir des données claires», précise-t-elle.

«Un fait que l’on ne peut ignorer»
Membre de la majorité municipale, Frantz Benjamin se dit lui-aussi «très préoccupé» par cette question. «Le profilage racial existe et c’est un fait que l’on ne peut ignorer», reconnaît l’élu de Saint-Michel.

«Il y a effectivement un manque de données et de nouvelles formes de profilage ont émergé sur notre territoire, notamment au sein même des écoles, avec des enseignants et des directeurs d’école, ajoute-t-il. Il faut absolument comprendre ces enjeux.»

Le SPVM n’a pas répondu aux questions posées par Métro au moment de mettre en ligne.

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