Josie Desmarais/Métro

L’opposition officielle à l’hôtel de ville souhaite que Montréal se dote «d’outils» fiscaux pour «prévenir» une éventuelle spéculation immobilière étrangère dans la métropole québécoise.

Projet Montréal a déposé une motion qui sera débattue le 15 mai au cours de la prochaine séance du conseil municipal. Le parti souhaite convaincre les élus d’interpeler le gouvernement du Québec afin d’éviter une flambée généralisée des prix.

Entre janvier et octobre 2016, une hausse de 62% du nombre d’acheteurs étrangers a été constatée à Montréal, explique Projet Montréa. Dans le centre-ville, le taux de propriétaires étrangers s’élève à 5%, contre 1,3% sur l’ensemble du territoire. Un chiffre encore éloigné cependant de Toronto (3,3%) et Vancouver (3,5%), touchés par une hausse considérable du prix d’achat des propriétés immobilières.

«On veut protéger notre parc immobilier et s’assurer que les Montréalais puissent toujours s’acheter une propriété.» –Valérie Plante, chef de Projet Montréal

Toronto et Vancouver touchés
Alors qu’une taxe de 15% pour les acheteurs étrangers a été mise en place à Vancouver afin de limiter la flambée des prix en Colombie-Britannique et qu’une telle mesure a été proposée à Toronto, Projet Montréal craint que ces investisseurs ne se dirigent désormais vers la métropole québécoise.

«On doit être proactif, a assuré mercredi Valérie Plante, la chef de l’opposition. Montréal doit absolument prévoir le coup et doit demander à Québec les pouvoirs pour agir avant d’être dans la même situation que Toronto et Vancouver.»

Aucune mesure concrète n’est cependant proposée pour l’instant par Projet Montréal. «C’est encore trop tôt, a précisé François Croteau, maire de Rosemont–La Petite-Patrie. Il faudra consulter des experts. La spéculation de ces investisseurs crée une surchauffe qui a un impact sur l’ensemble du marché. Notre objectif est de faire en sorte que les familles ne quittent pas Montréal.»

«La Ville est aux aguets»
Le cabinet du maire Denis Coderre indique pour sa part être vigilant à l’évolution du marché immobilier à Montréal.

«Les phénomènes observés à Vancouver et à Toronto de surchauffe immobilière en raison d’achats par des étrangers semblent pour l’instant épargner Montréal, écrit l’attachée de presse Noémie Briere-Marquez. La Ville est cependant aux aguets et suit l’évolution du marché immobilier et pourra réagir si la situation changeait. Par ailleurs, les projets de lois présentement à l’étude à Québec vont nous permettre une plus grande flexibilité en matière de fiscalité municipale.»

En 2016, la Ville de Montréal a récolté plus de 184M$ de taxes sur les droits de mutations immobilières. Cette somme est en hausse de 19% depuis 2014.

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