MONTRÉAL — Au cours de la nuit de vendredi à samedi, l’île Bizard et l’île Mercier située à proximité ont été submergées par la crue de la rivière des Prairies. Les autorités ont conseillé à tous les citoyens de l’île Mercier de quitter leur domicile et l’accès au pont menant vers l’île a été fermé.

À Île-Bizard, la plupart des routes étaient accessibles, mais quelques rues résidentielles avaient recouvertes près d’un mètre d’eau.

Les citoyens, les traits tirés par le manque de sommeil des derniers jours, reconnaissaient le travail des premiers répondants, mais espèrent que l’armée arrivera rapidement en renfort.

Steve Lapierre, un résidant d’un appartement situé au sous-sol, raconte avoir été réveillé par son voisin qui l’a informé des inondations.

«Je me suis levé et j’ai mis le pied dans l’eau. Il était déjà trop tard», a-t-il affirmé devant sa résidence située sur la rue Jean-Yves.

Les planchers de son logement étaient recouverts d’eau dans toutes les pièces. Ses voisins du haut ont été assez généreux; ils lui ont permis d’entreposer ses biens les plus précieux, en plus d’avoir accueilli sa fillette pour le déjeuner.

Il restait toutefois plusieurs meubles à déplacer et la famille de M. Lapierre manquait de bras. Les pompiers sont omniprésents dans la rue, mais la conjointe de M. Lapierre avait hâte que l’armée arrive pour accélérer le travail.

Bouchra Gouriny, qui est responsable d’une entreprise d’entretien ménager, dit qu’elle ne travaille plus depuis mardi tant la situation est difficile à gérer.

«J’ai beaucoup de clients que j’appelle le matin pour leur dire que je ne peux pas venir. Mon mari travaille comme ingénieur technicien d’aéronautique, et ça fait depuis lundi qu’il n’y va pas», a-t-elle souligné.

«C’est catastrophique, ça augmente chaque jour. On ne sait pas ce qui va nous arriver», a-t-elle ajouté.

Elle et son mari ont dit qu’ils resteront «jusqu’à la dernière seconde» dans leur maison.

De l’autre côté de la rue, la famille de Dora Soares avait érigé un véritable mur de sacs de sable. Le garage derrière cette barricade était presque sec.

Bien que tout soit contrôlé en ce moment, Mme Soares a avoué qu’elle commençait à paniquer.

«La panique commence à s’installer. Avec la pluie, le tonnerre, ça ne nous aide pas. C’est très énervant», a-t-elle confié.

«Une chance que nos amis nous ont apporté une chaloupe», a-t-elle ajouté avec un grand sourire.

Plus loin, sur la rue Joly, les sacs de sable n’étaient toujours pas rendus. Des citoyens tentaient tant bien que mal de se faufiler dans la rue — certains se faisaient transporter en canot, d’autres se déplaçaient péniblement dans un véhicule utilitaire sport, et même qu’une personne s’est faite transporter sur le dos d’une autre parce qu’elle ne possédait pas de combinaison pour marcher dans l’eau.

Un homme en canot assurait le transport de certains citoyens sur la rue et est même allé livrer une caisse de bière à l’un d’entre eux.

Kellyanne Beauchamp a tenu à rappeler aux autorités que les citoyens touchés étaient nombreux et que ces derniers devaient être traités de la même manière que les sinistrés des inondations de 2011 qui avaient bénéficié de l’aide de l’armée.

«On est beaucoup plus, on devrait avoir autant le droit que les autres», a-t-elle dit.

Le gouvernement du Québec a réclamé l’aide de l’armée canadienne, vendredi, ce qu’a accepté Ottawa. Mais l’armée n’était pas encore arrivée samedi matin à l’Île-Bizard, ce qui a déçu plusieurs résidants, qui s’attendaient à ce que les soldats soient déjà sur place en matinée.

Quatre cents soldats seront déployés dans les quatre régions du Québec qui ont été les plus touchées par le sinistre.

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