Le retour du printemps permet à l’Accueil Bonneau de reprendre ses activités d’apiculture pour une quatrième année. Ce projet permet aux participants d’acquérir une compétence en apiculture tout en favorisant la réinsertion sociale.

En l’espace de quatre ans, l’organisme a permis à une quarantaine d’itinérants de participer à ce projet né d’une idée d’Yves Ménard, un avocat criminaliste passionné d’apiculture.

Tien Nguyen y participe depuis deux ans. Pour lui, cette initiative permet avant tout de maintenir une activité quotidienne. «Pour l’instant, c’est les abeilles qui m’occupent. Je vais souvent à la bibliothèque pour avoir l’internet et emprunter des livres. Faire quelque chose, m’occuper, donner un coup de main me donnent l’occasion d’être dehors et de rencontrer beaucoup de monde à toutes les étapes de la production.»

L’organisme compte sur le soutien de l’entreprise d’apiculture urbaine Alvéole, créée en 2012 par trois amis apiculteurs, dont Declan Rankin Jardin. «On était 3 au départ et aujourd’hui on est 35, avec des bureaux à Toronto et à Québec. Notre but est de rendre l’apiculture intéressante pour tous. Notre premier objectif n’est pas la production, mais le partage.»

Cette entreprise offre à l’organisme une expertise en apiculture afin d’aider les itinérants à manipuler les ruches et à récolter le miel de la meilleure façon possible, tout en maintenant son souhait de faire la promotion d’une apiculture urbaine. Ça permet de sensibiliser le public sur les enjeux environnement ainsi que sur le rôle de l’abeille, un insecte pollinisateur, dans un écosystème. L’abeille est apparue sur la liste des insectes en voie d’extinction en octobre 2016 par The United States Fish and Wildlife Service, un organisme fédéral dépendant du Département intérieur du gouvernement des États-Unis, alors qu’un tiers de la production alimentaire mondiale dépend de la pollinisation.

La production de miel en ville a aussi d’autres bienfaits, celui d’éviter les nombreux pesticides utilisés en milieux agricoles et de profiter d’une grande variété florale, parfois plus importante, sur une courte distance, qu’en campagne, insiste Alvéole Québec.

Lors du passage de Métro hier, le but de l’opération était d’ajouter, sous la ruche, une grille d’aération pour permettre aux abeilles de mieux respirer avec l’arrivée des températures estivales.

En ce début de saison, les ruches ne comportent encore qu’un seul étage, mais celles-ci peuvent en avoir jusqu’à trois ou quatre lorsque la colonie est assez nombreuse.

Au fil des années, l’Accueil Bonneau a réussi à s’allier à de nombreux partenaires, dont les épiceries Metro, qui distribuent une partie de son miel. L’autre partie est vendue directement par les participants, ce qui permet de créer un lien direct entre les producteurs et les clients.

Pour la première fois, une récolte est prévue pour le mois de juin, soit plus tôt que d’habitude, afin de permettre au fabricant de crème glacée et de sorbet Les Givrés d’utiliser le miel cet été. Selon l’Accueil Bonneau, le miel produit est notamment connu pour ses subtiles touches de menthe.

Production
Il existe dans le Grand Montréal 60 ruches, disposés sur des toits à 7 endroits différents. Chaque ruche contient environ 50 000 abeilles et produit 10 kg de miel par récolte en moyenne. L’an dernier, 6 600 pots de miel ont été vendus en l’espace de deux mois.

Les professionnels d’Alvéole se promènent sur les toits de tous les sites pour entretenir les ruches, accompagnés par les bénévoles apprentis apiculteurs de l’Accueil Bonneau.

Chaque site est entretenu toutes les deux semaines, pour vérifier la bonne santé des ruches et de leur reine, en contrôlant notamment le nombre d’œufs pondus. Cet entretien s’effectue toutes les deux semaines afin éviter qu’une deuxième reine ne naisse dans une ruche au bout de 16 jours (contre 21 jours pour les ouvrières). Une deuxième reine risquerait de partir fonder une nouvelle colonie et amener avec elle la majorité des ouvrières. C’est ce qu’on appelle l’essaimage. Cela constituerait aussi un risque que des abeilles viennent coloniser d’autres parties de la ville, comme les arbres dans la rue ou dans les parcs, ce qui pourrait constituer un danger pour les riverains.

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