Chantal Levesque / Métro Chantal Racette, présidente du syndicat des cols bleus.

Présidente du Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal, Chantal Racette vient officiellement d’être éjectée de son poste après la mise sous tutelle imposée le 28 mai dernier par la direction nationale du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

Dans une lettre adressée vendredi aux plus de 6000 membres de la section locale 301, le SCFP précise que «tous les membres de [l’]exécutif syndical ainsi que tous les syndics ont été relevés de leurs fonctions respectives.»

Un administrateur, qui a été nommé pour assumer durant une période indéterminée la direction de l’organisation, va nommer «différents comités provisoires» afin d’assurer «un service continu en veillant notamment à l’application de la convention collective». Un comité va également être mis en place pour «proposer des modifications aux statuts et règlements en vue d’une restructuration.»

Dans ce courrier, le SCFP confirme également la tenue de nouvelles élections, qui permettront la mise en place d’un «nouveau conseil exécutif élu», dès «que les problèmes internes auront été réglés», peut-on lire. Aucune date n’est néanmoins mentionnée.

«Les activités normales du syndicat reprendront dans les plus brefs délais», promet le SCFP.

Des «menaces de voies de fait»
Mardi, la Cour supérieure avait déjà ordonné aux dirigeants du Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal de cesser «immédiatement d’entraver, par quelque moyen que ce soit» l’exécution du mandat imposé par le SCFP, et de permettre l’accès aux locaux à l’administrateur et aux représentants désignés par l’organisation nationale.

Dans ce même jugement, la juge Johanne Mainville a également évoqué des «menaces de voies de fait et un comportement intimidant de la part de certains membres», à l’encontre de Marc Ranger, directeur québécois du SCFP. Ces gestes ont notamment, a-t-elle expliqué, participé à la décision de mettre sous tutelle le syndicat local.

Depuis 2015, la section locale 301 était dirigée par Chantal Racette. Critiquée en interne, notamment pour des dépenses jugées excessives, elle avait avoué «des erreurs», dans un journal interne daté de mars 2017. «Certains sont prêts à me crucifier sur la place publique», reconnaissait également celle qui avait été désavouée par ses membres en décembre 2016, après un vote de confiance, à hauteur de 50,6%.

Un nouveau vote, organisé le mois suivant, qui s’était conclu par un vote favorable à 66%, lui avait permis de conserver les rênes du 301.

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