Chantal Lévesque/Métro

Le Service de police de la Ville de Montréa (SPVM) a effectué 17 arrestations de personnes ayant tenté d’obtenir les faveurs sexuelles d’une mineure en marge du Grand Prix du Canada.

C’est ce qu’a indiqué mercredi le commandant à la division des crimes majeurs et économiques du SSPVM, Michel Bourque,. Ce dernier faisait le bilan de l’opération Griffon 2017. L’année dernière, la même opération, qui se déroule pendant cinq jours, avait résulté à trois arrestations.

«On voit une grande demande pour des mineurs, c’est toujours inquiétant de voir ce type de crime là survenir», a-t-il déclaré, en précisant toutefois que les techniques policières utilisées s’étaient améliorées cette année.

Les personnes arrêtées sont d’âge et de profil économique variés et proviennent principalement de Montréal ainsi que du reste du Québec. «Rien ne montre que ce sont des clients qui étaient là pour le Grand Prix», a ajouté le commandant du SPVM.

Du côté de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui était partenaire de l’opération pour une deuxième année, la sergente au Bureau des communications, Camille Habel, a précisé que l’offre de prostitution est multipliée par trois ou quatre durant les grands évènements.

Pendant l’opération Griffon, la GRC a effectué des opérations de surveillance auprès des occupants de 3500 véhicules, cinq trains, 12 autobus et 65 avions privés.

«Il y a plusieurs indicateurs pour détecter les femmes victimes de traite ou d’exploitation sexuelles : les femmes qui ne parlent pas elles-mêmes, qui fuient notre regard, qui ne semblent pas avoir la possession de leurs papiers ou qui ont des ecchymoses», elle expliqué Mme Habel. Un homme et deux femmes voyageant en auto ont ainsi été refoulés à la frontière canado-américaine.

La GRC a aussi poursuivi sa campagne de sensibilisation à travers la distribution de cartes InfoTraite. «Cette année, on a moins eu à expliquer la différence entre la prostitution et l’exploitation sexuelle, ça démontre dans la population une compréhension plus approfondie», a mentionné la sergente de la GRC.

Des organismes, comme Stella, qui défend les droits des travailleuses du sexe critiquent l’amalgame fréquent entre l’exploitation des femmes et le travail du sexe. Si la prostitution peut augmenter durant les grands évènements au même titre que la fréquentation des restaurants, rien ne prouve par contre que la traite de personne en vue de l’exploitation sexuelle fasse de même clame l’organisme.

C’est la question à laquelle devra répondre le Conseil des Montréalaises qui vient de recevoir le mandat d’étudier et de chiffrer sur une période de deux ans le phénomène de la traite des femmes en marge du Grand Prix du Canada.

 

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