Mario Beauregard/Métro Valérie Plante

Projet Montréal a profité de la 21e Journée nationale des Autochtones pour suggérer que le conseil municipal reconnaisse officiellement qu’il se déroule en territoire non-cédé.

«C’est un geste simple, mais c’est un geste fort», a affirmé mercredi la chef du parti, Valérie Plante. Projet Montréal cherche ainsi à «corriger une erreur» dans la Déclaration soulignant le 20e anniversaire de la Journée nationale des Autochtones, adoptée l’an dernier.

L’opposition souhaite ainsi qu’à chaque conseil municipal, dès le mois d’août, il soit officiellement reconnu que la séance se déroule en territoire autochtone non-cédé.

«Cette année, nous n’avons pas eu de nouvelle déclaration pour souligner la Journée nationale des Autochtones, a déploré pour sa part le conseiller de ville Sterling Downey. Ça devrait être une déclaration qui revient au mois de juin à chaque année.»

Mme Plante croit que cette mesure fera consensus au sein des différents partis.

«On sait à quel point les paroles sont importantes et à quel point ce genre de geste a un impact sur la mémoire collective.» – Valérie Plante, chef de Projet Montréal

«Il ne devrait pas y avoir de débat, a renchéri l’agente de suivi de la Commission de développement des ressources humaines des Premières nations et membre de la nation Micmac pour le centre urbain de Montréal, Jennifer Jerome. Nous soulignons notre présence en territoire non-cédé depuis plusieurs années dans nos propres cérémonies et je crois que l’Hôtel de Ville devrait aussi le faire.»

En 2014, la ville de Vancouver avait officiellement reconnu être située en territoire non-cédé par les nations Musqueam, Squamish, et Tsleil-Waututh.

Territoire mohawk
Alors que Montréal est parfois stipulée en territoire mohawk non-cédé, Projet Montréal désire demeurer inclusif dans la formulation suggérée.

«On sait qu’il y a beaucoup de nations qui ont traversé le fleuve et qui sont venues sur l’île de Montréal, a expliqué Mme Plante. D’utiliser le terme autochtone, cela nous permet de reconnaître les différents peuples qui se sont établis momentanément ou de manière plus permanente sur l’île de Montréal.»

Pour sa part, la cofondatrice du mouvement Idle No More Québec, Mélissa Mollen-Dupuis, a salué l’idée de la formation politique. «C’est une première étape, car on remarque qu’il y a quand même une invisibilité des Autochtones dans la ville [dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal], surtout en terme d’espace, a-t-elle mentionné à Métro. Il n’y a aucun lieu pour les Autochtones, mis à part l’espace culturel Ashukan.»

Celle qui est également présidente du studio ambulant Wapikoni mobile a toutefois souligné l’importance d’une reconnaissance à l’oral «beaucoup plus forte qu’une plaque commémorative», faisant référence à la plaque de la défaite des Iroquois située près de la Place d’Armes.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a participé en fin d’après-midi à une cérémonie spéciale en compagnie de chefs autochtones, dont le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard. M. Coderre n’a pas voulu répondre aux questions de Métro. Son cabinet a toutefois rappelé que le maire débutait plus souvent qu’autrement ses allocutions au conseil municipal en précisant que Montréal se situe en territoire mohawk non-cédé. Il a également rappelé le projet de doter le drapeau montréalais d’un symbole autochtone et le nouveau nom mohawk d’un parc d’Outremont.

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