Graham Hughes Graham Hughes / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Plusieurs centaines de Montréalais se sont entassés samedi le long de la rue Saint-Denis, à Montréal, pour assister au défilé traditionnel la Fête nationale, qui rendait un hommage particulier à la métropole du Québec qui fête cette année son 375e anniversaire.

En ce 24 juin, les Québécois jeunes et moins jeunes sont allés admirer les grandes figures qui ont marqué l’histoire de Montréal, dont le fondateur de la Ville, Paul de Chomedey de Maisonneuve, l’écrivain Michel Tremblay, le chanteur Leonard Cohen, et l’ancien maire Jean Drapeau.

Sous un soleil tapant, les Montréalais ont pu voir les différents chars allégoriques, dont le premier, où trônait la chanteuse Annie Villeneuve, qui a entonné la chanson de Gilles Vigneault, «Gens du pays».

Certains d’entre eux disaient être présents pour faire plaisir à leurs enfants, alors que d’autres participaient par conviction, pour faire valoir leur fierté d’être Québécois.

«Ça fait du bien à mon âme souveraine de venir au défilé», a témoigné Carole, qui a dit avoir «mal à son nationalisme» avec les partis souverainistes en place en ce moment.

Un autre participant, Alain, a pour sa part déploré le «manque de budget» de la Fête nationale chaque année. «C’est notre propre fête et elle n’a pas beaucoup (de budget). Ce que je n’aime pas, du défilé, c’est qu’il est trop petit», a-t-il soutenu.

Plusieurs politiciens étaient du nombre, dont le maire Denis Coderre, le chef du Parti québécois Jean-François Lisée et le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, ainsi que les porte-parole de Québec solidaire Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois. La ministre fédérale du Patrimoine canadien, Mélanie Joly était également présente.

Controverse sur la diversité

La journée a toutefois été assombrie par une controverse qui a pris naissance sur les réseaux sociaux. Un citoyen a filmé le char allégorique sur lequel était Annie Villeneuve, qui était tiré presque exclusivement par de jeunes Noirs.

La vidéo a été partagée largement sur les réseaux sociaux. Certains internautes ont fait un lien entre ces images et l’esclavage, alors que d’autres ont déploré le manque de diversité au défilé.

Maxime Laporte, président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, l’organisatrice du défilé, a rejeté les accusations, les qualifiant «d’injustes» et «d’exagérées». Selon lui, il s’agit d’un pur hasard si des Noirs se sont retrouvés à tirer le char.

Ces jeunes avaient été recrutés à l’aide de l’Association pour la persévérance scolaire de l’école Louis-Joseph Papineau, dans le quartier Saint-Michel, «où il y a une majorité de gens qui sont des personnes racisées», a expliqué M. Laporte.

«Il faut regarder la chose dans son ensemble, il faut regarder tout le contexte du défilé. C’est un magnifique défilé qui représente dignement la diversité. On appelle le monde à faire preuve de jugement dans les circonstances».

Sterve Lubin, entraîneur en chef de football de l’école Louis-Joseph Papineau semblait déçu de la controverse, qu’il n’a jamais vue venir.

«Quand les jeunes poussent, je ne vois pas la couleur. Ce sont les participants. Ça a adonné que mes jeunes poussaient et que sur le char, il y avait des personnes de couleur blanche. Si ça avait été l’inverse, est-ce qu’on aurait eu la même discussion? Je ne suis pas sûr», a-t-il expliqué en entrevue téléphonique.

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