Josie Desmarais/Métro Gilbert Thibodeau, candidat à la mairie de Montréal

Ancien candidat de l’Équipe Coderre à la mairie du Plateau–Mont-Royal en 2013, Gilbert Thibodeau brigue désormais la mairie de Montréal en novembre. Il affrontera notamment Denis Coderre (Équipe Coderre) et Valérie Plante (Projet Montréal).

«Je suis un homme de convictions», clame Gilbert Thibodeau à de nombreuses reprises durant l’entretien avec Métro. À 59 ans, l’entrepreneur montréalais n’est pas un inconnu du milieu politique. Candidat comme conseiller municipal en 1994 et 1998 de l’actuel arrondissement du Plateau–Mont-Royal (PMR), cet ancien restaurateur s’était présenté, sous les couleurs du Parti libéral, aux élections fédérales en 2011 dans la circonscription d’Hochelaga, avant de tenter sa chance à la mairie du PMR, face à Luc Ferrandez, deux ans plus tard. Il se définissait alors comme «la voix des petits commerçants», qui subiraient la politique de l’ancien chef intérimaire de Projet Montréal.

«Mais je ne veux pas faire de la politique à tout prix. Je ne suis pas carriériste. Je ne me sens pas proche d’un parti. J’ai simplement quelques convictions pour aider les gens et je ne veux pas qu’on me dise: “Tais-toi, ça ne va pas dans la position du parti”», précise l’intéressé, candidat indépendant à la mairie de Montréal, qui n’hésite pas à lancer quelques piques visant Denis Coderre.

«Il voulait [en 2013] un candidat et moi, j’adore être en campagne, apporter des points, discuter avec les gens, avoue-t-il, reconnaissant être «déçu» par cette expérience. J’ai eu quelques difficultés et j’ai réalisé que ce n’était pas réellement quelqu’un d’équipe. On s’aperçoit quelquefois que certains font de la politique pour eux, pas pour le bienfait de la société qui les entoure.»

«Mais je n’ai aucune rancœur», tient-il à ajouter, avant de reprocher au maire de Montréal une politique «qui paraît bien pour les médias». «Ce qu’on veut surtout, c’est ce que soit bien pour les citoyens», explique-t-il.

«Ce n’est pas au maire d’être le boss de la police, des pompiers ou des conseillers. Il doit donner une vision et faire en sorte que tout le monde rame dans le même sens, avec respect.» – Gilbert Thibodeau, candidat à la mairie de Montréal

Moins de partisanerie
Résident du Plateau «depuis [sa] naissance», Gilbert Thibodeau a désormais pleinement débuté sa campagne électorale. Dans ses mains, le propriétaire d’une compagnie d’informatique garde précieusement une pochette contenant plusieurs centaines, assure-t-il, de signatures de soutien.

«J’ai toutes les signatures (NDLR: 200 sont nécessaires pour être candidat à la mairie de Montréal), mais je ne vais pas m’arrêter. C’est l’occasion parfaite pour jaser avec les gens», reprend-il, avant de divulguer son calendrier. «Jusqu’à la fin de l’été, je vais aller voir les résidents et les commerces, me promener, trois fois par semaine, dans tous les arrondissements, qui ont tous une saveur différente mais qui sont fabuleux», détaille-t-il.

Son discours semble déjà bien rodé. À l’instar de Coalition Montréal et Vrai changement pour Montréal, deux partis d’opposition qui ont déjà avancé cette idée, Gilbert Thibodeau réclame un conseil municipal moins partisan. «Aujourd’hui, l’opposition officielle [Projet Montréal] dit toujours le contraire du parti en place [Équipe Coderre] qui lui, insulte l’opposition, soutient-il. C’est triste et ce sont les citoyens qui paient cette situation.»

Moins délus
Tout en réclamant notamment une ligne de métro jusqu’à Pointe-aux-Trembles et une meilleure «communication» sur les «affreux» travaux d’infrastructures «qu’on ne peut pas nécessairement mettre sur le dos de Coderre» car «beaucoup d’élus ont oublié par le passé d’être proches des citoyens», Gilbert Thibodeau brandit sa priorité en cas de succès dans les urnes.

«Il faut réduire le nombre d’élus [103 actuellement], lance-t-il. La Cille de Toronto, bien plus grande, n’en compte que 45. Chez nous, c’est un peu absurde. Ce sont des petits royaumes et personne n’ose changer ça. On se retrouve face à des élus qui se renvoient les responsabilités et les décisions se prennent à une vitesse tellement lente que ça en est déplorable.»

Avant de reprendre sa route, Gilbert Thibodeau évoque Emmanuel Macron, le nouveau président français, 39 ans, élu en mai dernier. «Les Français voulaient du renouveau en politique. C’est nécessaire ici, aussi, je pense», glisse-t-il, avec le sourire.

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