Montage Emmanuel Houle Photomontage d’une pancarte qu’on ne verra jamais à Montréal

Pour se faire élire, certains politiciens ne négligent rien. Pas même se faire coacher dans une école d’acteurs en prévision d’un débat télévisé. À trois mois des élections municipales, on a donc décidé de tester notre potentiel à devenir politicien en faisant appel à trois mentors. Un premier pour booster notre côté sympathique. Un second pour améliorer notre degré d’empathie et un troisième pour apprendre l’art de faire des promesses qu’on ne tiendra pas. Divulgâcheur: on n’a aucun avenir dans ce domaine d’activité!

1-Rire pour se faire élire
Savoir rire est un prérequis pour tout politicien. «C’est la meilleure façon de se montrer proche du peuple et de combler le fossé quand on a une attitude un peu austère comme Thomas Mulcair», souligne Albert Nerenberg, qui a réalisé plusieurs documentaires sur le rire. «Par contre, Michael Ignatieff, qui était incapable de rire, a eu une carrière politique très courte», fait-il remarquer.

Au début de la séance de coaching, on force notre rire jusqu’à être capable de se lâcher vraiment et d’oublier les collègues qui rigolent de l’autre côté de la vitre du studio. Après une séance de quelques minutes, on commence déjà à être sérieusement détendu, sans avoir utilisé la moindre substance hallucinogène. «En riant, on métabolise le cortisol qui est l’hormone du stress, explique M. Neremberg. Malheureusement, il y a peu d’études scientifiques sur les bienfaits du rire, car on ne peut pas mettre le rire en pilule.»

«Pour les photos électorales, c’est important aussi que tu maîtrises aussi le sourire de Duchenne», ajoute Albert Nerenberg. Il fait référence au neurologue français qui a décrit au XVIIIe siècle les caractéristiques du sourire lorsqu’il exprime une joie sincère. «Un sourire honnête se voit dans la bouche et dans les yeux. C’est pour ça qu’il est important de rire quand on se fait prendre en photo. À l’inverse, si on affiche un sourire malhonnête, juste avec la bouche, les gens vont inconsciemment se sentir manipulés en regardant la pancarte électorale», précise coach Nerenberg.

2- Pleurer comme un artiste
Pas facile d’apprendre à pleurer. Près de 15% des comédiens n’y arrivent pas, d’après des estimations de la comédienne Danielle Fichaud, qui a formé plus de 2500 acteurs depuis 1988 dans son école, Les Ateliers Danielle Fichaud. Pour y arriver, elle fait appel à la mathématique émotive, qui consiste à aller chercher au fond de soi toutes les émotions qu’on a vécues entre zéro et six ans : la honte, le sentiment d’abandon, la joie des victoires, etc. «Avec les personnes cérébrales, c’est plus difficile, car elles ont souvent mis un bouchon sur leurs émotions et ont du mal à se laisser aller», dit-elle.

Hum, il n’y en aura pas de facile! Pour débloquer le bouchon, on fait donc des exercices de respiration et de rire. On met ensuite un poing sur la poitrine pour sentir un poids. «Si tu es quelqu’un de visuel, imagine la pire nouvelle que tu aies lue dans les journaux et dis-toi que c’est toi qui es responsable. Si tu es auditif, pense à la pire des choses à entendre et dis-toi que c’est ton père qui te la dite», enchaîne coach Fichaud.

Après quelques tentatives, on arrive à se faire monter les larmes aux yeux et même à étouffer un sanglot. Cela dit, on est loin d’être un pleureur naturel. «Les meilleures dans ce domaine, ce sont Céline Bonnier et Bianca Gervais, rapporte Mme Fichaud. Ce sont des actrices qui s’immergent à fond dans leur rôle, qui sont capables de mettre leur égo de côté et se mettre au service des autres.»

3- L’art du Roy des menteurs
AVERTISSEMENT: LE PASSAGE QUI SUIT POURRAIT HEURTER LA SENSIBILITÉ DE CERTAINS POLITICIENS. NOUS PRÉFÉRONS VOUS EN AVERTIR.

Si on se fie au Baromètre des professions, les journalistes figurent dans le dernier tiers pour ce qui est de la confiance accordée par les Québécois. On part donc avec une longueur d’avance dans l’art de la tromperie. Par contre, léger problème, le représentant de Métro est de la gent masculine. «Les femmes ont le potentiel d’être de meilleures menteuses, car ça prend beaucoup de mémoire à court terme pour éviter de se contredire dans ses mensonges», souligne à la rigolade Éric Michaud, conteur professionnel et Roy des menteurs de 2009 au concours international de Moncrabeau, en France.

«Un bon mensonge doit contenir un fond de vérité avec des témoins et être enrobé d’une série de faussetés qui se soutiennent entre elles», explique le conteur. Pour la forme, il faut éviter les regards fuyants, les hésitations et surtout ne pas répéter la question initiale dans sa réponse. «Par exemple, si ta femme te demande: « Pourquoi tu rentres si tard? » il ne faut jamais répondre par: « Pourquoi je rentre tard? Et bien… »». Répéter la question au début d’une réponse, c’est comme se donner un élan pour mentir».

Le test auquel il soumet Métro est relevé avec plus ou moins de brio. En gros on a beurré un peu trop épais dans des excuses pour expliquer un retard. Mentir, c’est définitivement tout un art!

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