Josie Desmarais Le circuit actuel de Formule E est situé dans l'arrondissement Ville-Marie.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a fermé la porte à la relocalisation des prochaines courses de Formule E sur le circuit Gilles-Villeneuve, malgré les demandes de Projet Montréal qui s’engage dans une telle voie en cas de victoire électorale.

«C’est impensable», a indiqué mardi Denis Coderre, au cours d’une conférence de presse, mardi. Ce dernier a fait valoir la volonté de la Fédération internationale de l’automobile (FIA) d’organiser cet évènement dans les rues des villes hôtes. «C’est eux qui ont homologué [le circuit choisi]», a précisé le maire de Montréal.

Depuis le lancement de ce championnat mondial de véhicules électriques en 2014, ces courses se déroulent essentiellement dans un circuit urbain. Seule la ville de Mexico a été autorisée à utiliser une partie du circuit qui accueille le Grand Prix du Mexique en Formule 1 lors de deux derniers passages de la Formule E. Un exemple que veut suivre Projet Montréal, qui ne s’oppose pas à la tenue de cet évènement devant se dérouler jusqu’en 2019 dans la métropole, avec une option de renouvellement pour trois nouvelles années.

«On veut essayer et voir ce que ça donne, a assuré Valérie Plante, chef de l’opposition officielle. Mais Denis Coderre a mal négocié son entente. On a beaucoup investi pour mettre le circuit Gilles-Villeneuve à niveau et c’est le bon endroit. Là-bas, ni les citoyens, ni les commerçants ne seront pris en otage.»

Configuration inadéquate
En réponse, Denis Coderre a évoqué plusieurs arguments pour justifier la création de ce premier circuit qui emprunte le boulevard René-Lévesque, les avenues Papineau et Viger, ainsi que les rues Notre-Dame, Saint-Antoine et Berri. «[Sur le circuit Gilles-Villeneuve] vous auriez comparé la F1 et la FE. La première étape était de s’assurer que ce sont deux évènements complètement différents», a-t-il mentionné.

«C’est un événement qui va être magique. Au bout de la ligne, ce sera un beau succès, ça va être plein et ça va fonctionner» – Denis Coderre

Selon l’élu, la réorganisation du tracé du circuit Gilles-Villeneuve, d’une longueur de 4,36 km, serait également trop coûteuse, puisque la vaste majorité des circuits de FE mesure de 2 à 3 km en raison, notamment, de l’autonomie plus faible des véhicules.

«La configuration du circuit Gilles-Villeneuve ne s’y prête pas. Il aurait fallu investir des dizaines de millions de dollars à cause des ponçons et tout ça», a-t-il clamé avant de mentionner que «les pilotes sont très heureux par le circuit montréalais [et] les chicanes».

«J’aimerais voir un tableau avec des colonnes de chiffres, a rétorqué Valérie Plante, soulignant les 24M$ de dépense pour la tenue de cet évènement. Si on regarde les pour et les contre, et qu’on prend en compte le capital humain et la grogne des citoyens, je me demande si quelques ajustements sur le circuit n’en vaudraient pas la peine.»

Malgré la colère de plusieurs commerçants, le maire de Montréal a évoqué «des sacrifices» et des retombées économiques, citant notamment les restaurateurs du Village. «Beaucoup de gens vont arriver par là par la suite. Ça aura un impact», a-t-il expliqué.

Relocalisation possible
S’il admet avoir voulu «mettre le paquet» en organisant ces premières courses montréalaises dans l’arrondissement de Ville-Marie, Denis Coderre ne ferme pas la porte à une relocalisation de l’évènement pour les prochaines éditions.

«Ça peut être dans l’est, ça peut être dans l’ouest. Il n’y a pas de problème de côté-là», a-t-il précisé, tout en mentionnant qu’un bilan sera préalablement établi avant d’entamer une réflexion à ce sujet.

Alors que les critiques se sont récemment multipliées, Denis Coderre, de retour de vacances mardi matin, a également souhaité «mettre certaines pendules à l’heure». «Montréal a pris le pari de l’électrification, a-t-il avancé. Est-ce qu’on allait laisser passer cet évènement comme ça? Voyons donc! Depuis quand refuse-t-on des défis à Montréal?»

«Est-ce qu’on est une ville internationale ? Est-ce qu’on a de l’audace ? Est-ce qu’on veut faire partie des grands ? On va dire que ça coûte de l’argent, mais j’appelle ça de l’investissement.» – Denis Coderre

Ce dernier, qui a assuré que «les billets se vendent beaucoup», sans plus de précisions, a néanmoins reconnu quelques manquements. «Est-ce que tout est parfait ? Ben non, a-t-il avoué. C’est sûr que tout n’est pas parfait. C’est un premier événement.»

Pour le maire de Montréal, ces courses représentent un «investissement» et «un laboratoire extraordinaire» qui pourraient rapporter de nombreuses opportunités d’affaires. «C’est sûr que ça prend de l’audace, c’est sûr que ça prend des sacrifices, a-t-il également ajouté. C’est pas unanime, mais la réalité, c’est que la vaste majorité de ces gens-là sont très heureux.»

Un avis que ne partage pas Projet Montréal. «J’aimerais voir des sondages et les sources de M. Coderre qui est dans le déni, a repris Valérie Plante. Les citoyens sont exaspérés, ils n’arrivent plus à dormir et on ne les écoute pas.»

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