Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Une légende du tennis masculin mais aussi un jeune canadien, presque totalement méconnu du commun des mortels il y a dix jours, ont contribué à faire de l’édition 2017 de la Coupe Rogers l’événement le plus couru dans les annales d’un tournoi d’une durée d’une semaine, peu importe l’endroit sur la planète.

Dans un communiqué de presse, les dirigeants de Tennis Canada ont fait savoir qu’un record mondial de 216 097 amateurs ont franchi les tourniquets du Stade Uniprix. La marque à battre avait également été établie à Montréal, en 2011, alors que l’assistance totale s’était élevée à 213 760 personnes.

Cette année-là, a noté Eugène Lapierre, directeur de la Coupe Rogers, les quarts de finale avaient réuni les huit meilleurs joueurs au monde à l’époque et il n’était tombé aucune goutte de pluie.

Cette année, le rendez-vous de Montréal a perdu de grands noms en Novak Djokovic, Andy Murray, Stanislas Wawrinka et le finaliste de Wimbledon, Marin Cilic, quatre joueurs classés dans le top-10. De plus, les prévisions météorologiques annonçaient plusieurs journées pluvieuses. Finalement, les délais causés par la pluie ont été minimaux.

«Les résultats obtenus sont allés au-delà de nos attentes, a déclaré Lapierre lors d’une conférence de presse tenue pendant la finale du double.

«C’est le ‘fun’, le sport, parce que c’est toujours un scénario qui s’écrit au fur et à mesure. Ce sont toujours de belles histoires, de belles émotions. Cette fois, ç’a été un peu ce que les gens attendaient. Au début de la semaine, on rêvait à une finale (Rafael) Nadal et (Roger) Federer, et on disait aussi que c’était un peu le choc des générations. Dans un côté du tableau, c’est l’expérience qui a prévalu avec Federer, et de l’autre, c’est plutôt la jeunesse et l’avenir qu’on a pu apprécier et voir. Cette semaine, les dés ont roulé de la bonne façon.»

Dans son bilan annuel, Lapierre a reconnu que la présence de Federer, dont la dernière visite à Montréal, comme par hasard peut-être, remontait à 2011, avait aidé à la vente de billets pendant la semaine du tournoi. Mais Denis Shapovalov, un Torontois de 18 ans de qui le public montréalais s’est littéralement amouraché après ses spectaculaires victoires contre Juan Martin del Potro et Nadal, en est aussi responsable.

«Les deux (joueurs) ont contribué, mais c’est dur de dire vraiment de quelle façon. Au début de la semaine, on avait déjà une pré-vente assez importante. On se gardait huit pour cent des ventes pour la semaine du tournoi. On a fait pas mal plus que ça. Peut-être un 15 pour cent de toute la vente du tournoi a eu lieu durant la semaine, a déclaré Lapierre, en précisant que l’organisation avait atteint le plateau de 15 millions $ en ventes de billets alors que l’objectif était de 14,1 millions $.

«Ça, c’est purement l’effet Federer et aussi Shapovalov parce que lors des deux séances, que ce soit l’un ou l’autre qui jouait, on a rempli. La différence entre un Federer et un Shapovalov dans une séance donnée, c’est peut-être un 300, 400, 500 ou 600 billets qui n’auraient pas été vendus. Mais quand tout s’en va, les chiffres montent assez rapidement autant au niveau de l’assistance que des revenus.»

Questionné au sujet de ce record, Federer croit que cette réussite s’explique en partie par le passé du tournoi, mais aussi un peu par ce qui se passe au tennis au Canada.

«C’était le 38e tournoi, je crois. Il y a de l’histoire ici. Les gens à Montréal aiment bien apparemment que le tennis revienne chaque année pour voir les meilleurs joueurs ou meilleures joueuses. Ça commence à payer. Tout le bon boulot qu’ils ont fait dans le passé, les investissements locaux dans la région. Il y a peut-être toute une génération avec Raonic et compagnie qui crée aussi de l’excitation ici dans le pays même. Et tu as toujours les stars qui vont venir. Toute cette combinaison, ça fait un record du monde et je suis vraiment très content pour ce tournoi.»

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