Josie Desmarais

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) fera désormais appel à ses cadets pour gérer la circulation aux abords des chantiers de construction qui pullulent dans la métropole et réaliser d’importantes économies.

Ces cadets pourront effectuer jusqu’à 75% de l’ensemble des heures passées sur ces chantiers et seront en mesure d’effectuer «l’intégralité des tâches reliées à la gestion de la circulation», indique un document de la Ville, présenté mercredi au cours du comité exécutif.

Un quart des chantiers restera cependant à la charge des agents «pour des intersections plus à risque», a mentionné la Ville.

Ces cadets bénéficiant d’une rémunération plus faible, la Ville espère notamment faire d’importantes économies avec cette disposition, puisque près de 10,5M$ ont été dépensés en 2016 pour les heures supplémentaires des policiers sur ces chantiers.

Plusieurs autres dispositions ont été présentées. D’ici la fin de cette convention collective, effective jusqu’au 31 décembre 2021, le SPVM compte remplacer 115 policiers par des civils pour «certaines fonctions qui ne sont pas de nature policière». Cette mesure permettra, à terme, d’économiser jusqu’à 5,8M$ annuellement, ajoute l’administration.

Les augmentations salariales consenties ont également été dévoilées. Les policiers bénéficieront d’une augmentation annuelle de 2% entre 2015 et 2017 [la présente convention avait pris fin en décembre 2014], puis de 1,75% en 2018 et 1,50% chaque année, entre 2019 et 2021.

Autre point, lorsqu’un policier sera mis sous enquête, il sera désormais affecté à d’autres tâches mais conservera son salaire, même en cas de suspension. Une disposition qui n’existait pas dans la dernière convention collective.

«Elle [cette entente] reconnaît la complexité de travail d’un policier à Montréal, a indiqué Pierre Desrochers, le président du comité exécutif. Elle assure que la rémunération globale est représentative des autres corps policiers. On voulait s’assurer que nos policiers puissent être payés au niveau adéquat pour être compétitif.»

Du côté de l’opposition officielle, on se montre également plutôt satisfait de cette nouvelle convention collective. «L’administration Coderre a finalement fini par comprendre qu’elle ne pouvait pas mobiliser autant d’agents pour changer les couleurs des feux de circulation, c’est bien», a admis le conseiller de Projet Montréal, Alex Norris.

Ce dernier espère que la Ville se penchera désormais «sur les problèmes de circulation que vivent les Montréalais». «Que ce soit des cadets ou des agents, ça ne règle pas la mauvaise planification des travaux routiers, a-t-il condamné. Il faut régler ce problème de gestion.»

Cette entente de principe entre l’administration Coderre et la Fraternité des policiers et policières de Montréal (FPPM) a été signée le 23 juin. Si celle-ci vient d’être approuvée par les agents concernés, elle doit encore faire l’objet d’un vote au conseil municipal prévu le 15 septembre.

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