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La Ville de Montréal et son service de police ont présenté de premières excuses publiques à l’ensemble de la communauté LGBTQ pour des rafles policières menées dans des bars gais au cours du siècle dernier.

Cette demande avait été une nouvelle fois formulée la semaine passée par différentes associations, soutenues par Projet Montréal, l’opposition officielle, à la veille de l’ouverture du festival Fierté Montréal. Ces derniers rappelaient les différentes rafles menées dans de multiples bars montréalais entre les années 1960 et 1990. Au total, plus de 800 personnes ont été arrêtées.

«Nous voulons reconnaître le passé et tourner la page», a indiqué vendredi, dans un salon de l’hôtel de ville, Denis Coderre, devant plusieurs représentants de la communauté LGBTQ. Ce dernier, «au nom de la Ville de Montréal», a tenu à «offrir publiquement nos excuses», «dans le contexte de la métropole de la réconciliation».

Ces gestes, a-t-il expliqué, «ont porté atteinte aux droits des personnes de la communauté LGBTQ et à leur dignité».

«Le SPVM a évolué»
«Le SPVM regrette les événements qui se sont produits», a également souligné Philippe Pichet, le directeur du service de police.

«Nous espérons sincèrement que les personnes qui ont été ciblées et marginalisées à l’époque accepteront de recevoir nos excuses publiques et qu’ils pourront tourner la page dans la sérénité», a-t-il repris, avant d’indiquer que «la société a évolué» et «le SPVM aussi».

«Des pas de géant ont été faits pour lutter contre l’homophobie et la transphobie et ceux, au sein même de notre corps de police, a rappelé Philippe Pichet. Nous sommes engagés à poursuivre nos efforts de rapprochement avec la communauté LGBTQ.»

En 2016, le chef de la police de Toronto avait lui-aussi présenté ses excuses pour des rafles similaires menées en 1981 dans des saunas de la ville.

Des toilettes neutres?
Le maire de Montréal a également promis de mettre sur pied un comité de travail chargé de plancher sur une «une politique de diversité sexuelle et de pluralité des genres». L’ex-député libéral, candidat à sa réélection, veut «mettre en place un code de conduite» et «un code d’éthique» avec «un vocabulaire adéquat».

Il a aussi ouvert la porte à «avoir des toilettes neutres» et à la mise en place d’un agent de liaison, entre la Ville et la communauté LGBTQ «pour que l’on puisse de facto répondre aux besoins de la population.»

«Si on veut s’assurer de la dignité, il faut aussi poser des gestes très concrets dans la façon dont on livre ces messages», a-t-il ajouté.

Président de Fierté Montréal, dont le traditionnel défilé sera organisé dimanche, Éric Pineault a applaudi cette annonce. «C’est une très bonne nouvelle, a-t-souligné. Grâce à ça, la société pourra continuer d’avancer.»

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