Au lendemain de l’incident impliquant un cheval mal en point dans le Vieux-Montréal, Projet Montréal et la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) ont réitéré leur volonté d’interdire les calèches.

«On s’engage à retirer cette industrie de Montréal», a clamé mardi Valérie Plante, chef de l’opposition officielle, qui briguera le 5 novembre la mairie de Montréal. Alors que la vidéo d’un cheval de calèche, qui s’est effondré la veille sur la Place d’Armes avant de rester au sol pendant près 10 minutes, a fait le tour du web, celle-ci a trouvé cette situation «révoltante». «Et ce n’est pas le premier incident», a souligné la conseillère de Ville-Marie.

Après l’annulation d’un moratoire imposé par le maire de Montréal, Denis Coderre, en mai 2016, qui souhaitait suspendre durant un an l’activité des 24 calèches autorisées à circuler dans les rues du Vieux-Montréal, plusieurs incidents ont été rapportés. Mi-août notamment, The Gazette décrivait le cas d’un cheval amaigri, en «détresse» et en «dépression», qui, malgré sa situation, était toujours en charge de transporter des touristes. D’autres soucis ont également été signalés à Québec.

Afin de d’améliorer la qualité de vie des chevaux, la Ville a adopté, fin août, une nouvelle règlementation visant cette industrie. L’administration Coderre a décidé de serrer la vis, en imposant notamment, une interdiction de sortie pour ces bêtes lorsque la température extérieure est supérieure à 28°C. Des plages de repos de 10 minutes, après chaque promenade, ont aussi été imposées.

«Cet incident met en évidence que ce règlement ne va pas améliorer le quotidien et le bien être des chevaux.» – Sophie Gaillard, avocate de la SPCA

«Oui, ce règlement est pour la sécurité des bêtes, mais le principe à la base n’est pas le bon», a répété Valérie Plante, qui, comme sa formation politique, a voté contre ce nouveau règlement lors de la dernière séance du conseil municipal.

«Un cheval n’a pas sa place dans un milieu urbain», a-t-elle repris, avant de demander, une nouvelle fois, la publication d’un rapport sur la place du cheval, commandé par le maire de Montréal, Denis Coderre, fin 2015. Ce dernier a promis de rendre public ce document l’an prochain, afin de mettre en place, notamment, une «politique du cheval».

Projet Montréal veut racheter les permis
Pour retirer cette industrie, Projet Montréal compte racheter les permis d’exploitant aux caléchiers. «On s’engage à racheter les permis et à sortir progressivement cette industrie. On va le faire tranquillement pas vite», a affirmé Valérie Plante, qui a déploré une dépense de 500 000$ de la part de la Ville pour encadrer cette industrie.

«Cet argent aurait pu servir à racheter ses permis, a-t-elle déclaré. J’aurais aimé que l’on tâte le pouls de la population. Denis Coderre dit que les Montréalais aiment les chevaux et veulent les calèches. Mais c’est basé sur quoi? On ne sait pas. Donner des sommes à une industrie sans savoir l’importance ou la nécessité, c’est inacceptable.»

Cette demande est appuyée par la SPCA, qui, sur sa page Facebook, affirme que «le centre-ville n’est tout simplement pas un endroit pour les chevaux». L’organisme a par ailleurs lancé une pétition en ce sens, intitulée «Les calèches: une honte pour Montréal», qui a déjà recueilli près de 28 000 signatures.

«Les chevaux ont des conditions de travail très difficiles dans Montréal, a détaillé Sophie Gaillard, avocate de l’organisme. Ils respirent toute la journée du gaz à échappement et travailler sur des surfaces dures et pavées leur cause des problèmes de santé. La seule solution, ce n’est pas ce règlement. Il faut réduire graduellement les permis pour protéger ces animaux.»

Enquête de la Ville
Après l’incident de lundi, qui a touché ce cheval prénommé Cocotte, âgé d’une quinzaine d’années, la Ville de Montréal a ouvert une enquête, menée par la police touristique du SPVM.

«Les vétérinaires [de la Ville] ont, à prime abord, évoqué une extrême fatigue [du cheval]», a avancé le maire de Montréal, Denis Coderre, au cours d’une conférence de presse.

Par courriel, une porte-parole de la Ville a également assuré qu’une «attestation de santé a été produite par un vétérinaire privé au début du mois d’août». Celle-ci était «positive».

L’élu reste cependant en attente d’un rapport final. «Tant que l’on aura pas de ce rapport, elle ne retournera sur la route», a-t-il précisé.

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