Emmanuel Delacour/TC Media François W. Croteau, maire de Rosemont–La Petite-Patrie.

Alors que la campagne électorale s’intensifie, les joutes verbales prennent également de l’ampleur. Tout en critiquant le manque de de mesures de sécurité pour les cyclistes et les piétons sous les viaducs, le maire de Rosemont–La Petite-Patrie (RPP), François Croteau, a qualifié le maire de Montréal de «pyromane».

L’élu de Projet Montréal a reproché à Denis Coderre de mettre en danger la vie des piétons et des cyclistes qui, parfois, sont obligés de cohabiter sur le même trottoir, comme l’a récemment démontré l’ouverture d’une nouvelle piste sur l’avenue Atwater, qui a suscité l’indignation des résidents du Sud-Ouest.

Une autre piste a également vu le jour, dans la montée de Liesse, et les cyclistes sont invités, quelques dizaines de mètres avant le viaduc, à monter sur le trottoir, alors qu’aucune montée de trottoir n’a été mise en place.

Le viaduc Saint-Denis visé
La chef de Projet Montréal, Valérie Plante, a critiqué la Vision zéro du maire Denis Coderre, qui compte notamment faire baisser la vitesse de circulation, l’année prochaine, dans de nombreuses artères et rues de la métropole.

«La Vision zéro, c’est de s’assurer que les personnes qui se déplacent à bicyclette, les personnes âgées et les enfants se sentent en sécurité et qu’ils ne risquent pas de se faire happer par une voiture ou un camion», a souligné Valérie Plante.

Devant le viaduc Saint-Denis, la candidate à la mairie de Montréal a décrié «l’inaction» de Denis Coderre, alors qu’une signalisation oblige une nouvelle fois piétons et cyclistes à partager le trottoir. Cette mesure avait été mise en place, pourtant, par le maire de RPP en 2014, après le décès de Mathilde Blais, tuée par un camion, sur cet axe extrêmement achalandé.

«Ça devait être une mesure temporaire, mais ça a été pérennisé. C’est une tragédie», a insisté François Croteau, tout en expliquant être dans l’incapacité d’agir puisque la création d’une piste cyclable est une compétence de l’administration centrale. Ce dernier a indiqué en avoir fait la demande «depuis des années».

Quand on crée cette confusion, tout le monde est en danger. Il met en danger tout le monde, partout dans Montréal. Il faut arrêter le pyromane.» – François Croteau, maire de Rosemont–La Petite-Patrie

Au printemps 2016, l’administration Coderre s’est pourtant engagée à sécuriser les 57 tronçons cyclables situés sous des viaducs montréalais. Mais l’attente agace Projet Montréal. «Je suis à bout de nous faire dire que ça s’en vient, a clamé Valérie Plante. Il faut moins de slogans et plus d’actions concrètes. Denis Coderre est complètement déconnecté de la réalité d’un cycliste et d’un piéton.»

L’administration Coderre se défend
Si le maire de Montréal n’a pas souhaité réagir, Marc-André Gadoury, responsable des dossiers vélo au sein de l’administration municipale, a défendu le travail de la Ville. «On travaille fort pour développer le réseau cyclable», a répondu le candidat d’Équipe Coderre à la mairie de RPP.

L’ex-élu de Projet Montréal, qui a rejoint en 2015 le parti du maire, a assuré que la sécurisation du viaduc Saint-Denis sera terminée en 2018. Les cyclistes pourront toujours rouler sur la chaussée, mais aussi emprunter des trottoirs élargis. Le but, a-t-il expliqué, est d’offrir une alternative à ces utilisateurs dans «les tunnels trop dangereux».

«On veut augmenter le nombre de personnes qui transitent à vélo, a détaillé l’actuel conseiller du district Étienne-Desmarteau. On va donc chercher ceux qui ne font pas de vélo et parmi eux, certains ont peur des passages inférieurs. On leur donne donc le droit d’aller sur les trottoirs, avec prudence, tout en laissant la priorité aux piétons.»

Hormis ce viaduc Saint-Denis, la sécurisation de ces 57 passages sera finalisé d’ici la fin de l’année, a promis l’administration municipale.

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