Xandra Stefanel

Trois organismes montréalais présentent aujourd’hui le projet La Consigne, J’accroche, une idée pour permettre aux citoyens d’offrir leurs contenants consignés aux personnes dans le besoin.

L’objet au centre de ce projet est un crochet de métal que les Montréalais seront invités à installer sur leur propriété. Comme celui de Vancouver, il permettra d’y suspendre un sac avec les contenants consignés destinés aux valoristes, des glaneurs qui arrondissent leurs fins de mois à coup de 0,05$ et de 0,10$.

«Ça rend le travail des valoristes plus facile en leur évitant d’avoir à se pencher dans les bacs roulants», explique Marica Vasquez Tagliero, vice-présidente de la coopérative de solidarité Les Valoristes.

«Il s’agit aussi de créer une forme d’interaction et de solidarité. À Montréal, on est encore mal à l’aise de parler aux valoristes. Avec ce crochet, on offre la possibilité d’un dialogue», ajoute Émile Roux, directeur de la Société de développement social, qui a adapté le produit à la réalité montréalaise. Il souligne que 28M$ de contenants consignés sont jetés aux poubelles chaque année au Québec.

«Le verre mis au recyclage se casse souvent et contamine les autres matières recyclables. En contribuant à diminuer la quantité de verre dans le bac, on contribue à aider la filière», affirme de son côté Nicolas Montpetit, directeur du Regroupement des écoquartiers.  Ces derniers seront chargés de vendre les crochets au coût unitaire de 15$. Ils sont fabriqués chez Formétal, une entreprise de réinsertion de l’arrondissement Le Sud-Ouest.

Ce nouveau projet est dévoilé alors que la consigne navigue toujours dans l’incertitude. «Même si nous ne faisons pas partie du comité consultatif qui étudie la question, il semblerait que, malgré les pressions de l’industrie, la consigne serait élargie aux bouteilles de plastique, mais que les bouteilles de vin en resteront exclues», rapporte Karel Ménard, le directeur général du Front québécois pour une gestion écologique des déchets.

Selon M, Ménard, l’élargissement de la consigne aux bouteilles de plastique permettrait d’en récupérer environ un milliard de plus chaque année et d’améliorer indirectement le taux de recyclage des matières plastiques, qui plafonnait en 2015 à 18%, soit bien loin de la cible de 70%. Pour l’instant, seules les bouteilles de plastique contenant des boissons gazeuses sont consignées.

Quant aux bouteilles de vin, elles devraient être épargnées d’un éventuel élargissement de la consigne. Les entreprises opposées à la consigne clament qu’elles contribuent déjà à l’amélioration du recyclage du verre à travers des investissements récents dans cinq centres de tri. Encadrés par Éco Entreprises Québec, ces projets pilotes visent à traiter le verre récupéré pour notamment éviter l’enfouissement et l’’incorporer à du béton, à des dalles écologiques et même à de la laine minérale.

Après la fermeture de la dernière usine capable de traiter le verre, le taux de recyclage du verre qui était de 43% en 2012 était descendu à 14% en 2015, selon les données de Recyc-Québec publiées en juillet dernier.

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