Ryan Remiorz Frank Zampino. Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) a procédé mardi à l’arrestation de l’ancien président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino, et de l’ex-argentier d’Union Montréal, Bernard Trépanier, de même que de six autres individus soupçonnés d’avoir pris part à un «système de partage de contrats publics».

Dans le cadre de l’enquête Fronde, qui s’intéressait notamment au scandale des compteurs d’eau, l’ex-directeur des travaux publics de la Ville de Montréal, Robert Marcil, ainsi que Kazimierz Olechnowicz, Yves Théberge, Dany Moreau, Normand Brousseau et Bernard Poulin, qui travaillaient à l’époque pour des firmes de génie-conseil – certains y sont toujours – ont aussi reçu la visite des policiers.

Des accusations de fraude, de corruption dans les affaires municipales, d’abus de confiance et de complot ont été portées contre les personnes arrêtées, a indiqué l’UPAC par voie de communiqué. Elles ont été interrogées, puis elles doivent être relâchées mardi avec promesse de comparaître le 8 novembre prochain.

L’enquête de l’UPAC a été initiée en 2014. Elle portait sur des contrats de services professionnels qui ont été attribuées de 2001 à 2009 par la Ville de Montréal, a expliqué l’UPAC.

«[L’enquête] tend à démontrer qu’il existait un réseau de firmes de génie-conseil, de fonctionnaires municipaux ainsi que d’un élu qui, entre eux, avaient élaboré un système de partage de contrats en échange de financement politique, de ristournes sur la valeur des contrats mis en cause (160 millions de dollars) ou d’autres avantages personnels», a rapporté l’autorité policière.

L’UPAC, qui a collaboré avec le Bureau de l’inspecteur général dans le cadre de cette enquête, a indiqué que celle-ci n’est pas terminée et qu’elle comporte plusieurs volets. L’organisation policière de lutte contre la corruption n’a pas voulu donner davantage de détails.

Frank Zampino et Bernard Trépanier ont aussi été accusés de fraude, d’abus de confiance et de complot dans la foulée de l’enquête sur le Faubourg Contrecoeur. Celle-ci concernait la vente d’un terrain de l’Est de Montréal par la Société d’habitation de Montréal à l’entreprise Construction Frank Catania. Ils ont plaidé non coupable. Le procès doit reprendre en octobre.

«Que justice soit faite», a réagi mardi le maire de Montréal, Denis Coderre, aux arrestations de l’UPAC. Ce dernier a souligné que des changements ont été apportés au fonctionnement de la Ville de Montréal depuis son arrivée, en 2013, pour lutter contre la collusion et la corruption, citant notamment la création du Bureau de l’inspecteur général. «Pour moi, l’intégrité est revenue, [mais] il faut être vigilant», a-t-il dit. Il a rappelé qu’au cours de son mandat, le contrôleur général avait soulevé des soupçons de collusion entre les entreprises qui convoitaient des contrats de réfection de trottoirs.

La chef de Projet Montréal, Valérie Plante, a pour sa part salué le travail des policiers. Elle a incité ces derniers à s’intéresser davantage au financement des partis politiques, particulièrement celui d’Union Montréal. Elle a décrit cette formation politique comme un «système criminel».

«Il y en encore des gens qui sont assis au conseil municipal qui étaient membres d’Union Montréal. Sur toute la question de financement, je crois qu’ils devront se faire un examen de confiance et s’assurer qu’ils n’ont rien à voir avec les erreurs du passé», a lancé Mme Plante, sans viser un élu en particulier.

 

 

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