Josie Desmarais/Métro Les participants étaient équipés de sacs de couchage et de matelas, et avaient accès à une tente pour dormir.

Une cinquantaine de personnalités et de gens d’affaires ont passé la nuit de jeudi à vendredi à l’extérieur afin de sensibiliser à la réalité des jeunes itinérants.

«C’est une sensibilisation des gens d’affaires à ce que c’est que l’itinérance pour qu’ils soient engagés dans les solutions, a expliqué Cécile Arbaud, directrice de l’organisme Dans la rue, qui a organisé Une nuit dans la rue. L’événement est aussi une collecte de fonds auprès des entreprises.

«On ne peut pas dire qu’on va se sentir comme un itinérant, a précisé Mme Arbaud en début de soirée. On va peut-être vivre 10% de l’expérience. On sera en sécurité, on aura des toilettes, on aura mangé avant…»

Malgré tout, le président de la Financière Sun Life pour le Québec, Robert Dumas, croit que cette nuit peut changer la perception des gens d’affaires, un peu comme lui quand il a visité le centre de jour de Dans la rue la première fois. «Tous les gens d’affaires ont une responsabilité face à la communauté», a-t-il affirmé.

Les participants ont aussi pu se mettre dans la peau d’un jeune qui arrive à Dans la rue, par le biais de jeux de rôle. «On a demandé à des gens de coller sur moi des papiers avec des préjugés qu’ils avaient sur ma personne. C’est fictif, mais je me sentais comme de la m****. Ça nous aide à comprendre la réalité de ceux qui essaient de s’en sortir», a raconté la présidente de l’Ordre des ingénieurs, Kathy Baig.

Marie-Pier Caron, qui a vécu plusieurs épisodes d’itinérance se dit «impressionné» par l’engagement de ceux qui acceptent de vivre une nuit à l’extérieur. Même s’ils n’ont pas le sentiment de solitude qui vient avec le fait de vivre dans la rue, Marie-Pier croit que «ça peut créer de l’empathie face à cette situation».

La jeune femme dit que l’organisme lui a permis de se «stabiliser». «On s’habitue à être dans la rue, à chercher dans les poubelles, à être sale…», a relaté celle qui va retourner dans quelques semaines dans sa région natale, le Lac-St-Jean, après avoir passé 10 mois dans un appartement transitoire.

Même s’il n’a pas passé la nuit sur place, «parce qu’[il] ne dor[t] pas», le candidat à la mairie, Denis Coderre est venu quelques temps pour «encourager» l’organisme. Questionné à savoir s’il trouvait normal qu’un organisme comme Dans la rue soit financé presque entièrement avec des dons privé, le maire sortant a dit que c’était «positif de voir le don de soi de tous». «La ressource ne doit pas seulement être gouvernementale. Mais le don n’est pas seulement en argent», a-t-il indiqué, rappelant sa promesse de construire 400 chambres dans des logements sociaux.

«Beaucoup de gens disent qu’ils s’impliquent, mais veulent seulement avoir l’air d’aider. Ce soir ce sont des gens qui veulent s’impliquer. Je suis impressionnée. Ils vont passer la nuit dehors, se réveiller dans le froid et ça ne les dérange pas.» –Marie-Pier Caron, qui a déjà été en situation d’itinérance

Refuser la stigmatisation à l’emploi
Cécile Arbaud souhaite aussi encourager les employeurs à ne pas stigmatiser les jeunes qui ont vécu de l’itinérance. «Ce ne sont pas tous les employeurs qui sont prêts, mais il y en a de plus en plus, a-t-elle dit. Les jeunes sont comme tout le monde, ils veulent travailler. Leur espoir est différent de celui des gens qui vivent l’itinérance chronique.»

Ces jeunes ne devront pas être traités «comme quiconque se cherche une job», pense Marie-Pier Caron. «Souvent, le jeune a déjà travaillé, a-t-elle rappelé. Il faudrait se dire que si on l’engage, dans deux semaines il va avoir un logement parce qu’il a une emploi.»

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